Depuis plusieurs années le lycée Marie Reynoard de Villard-Bonnot mobilise ses élèves sur des projets liés au développement durable. Visite, en 2008, de l’exposition internationale de Saragosse organisée sur le thème l’eau et du développement durable, vente de cafés et de thés équitables, repas eux aussi équitables au restaurant scolaire… Cet établissement « HQE » (Haute qualité environnementale) joue sur tous les registres pour sensibiliser ses élèves. Cette année, les lycéens des classes des filières L et ES se sont lancés avec leur professeur d’espagnol et d’économie dans un projet* particulièrement ambitieux. En février 2010, une vingtaine d’entre eux se rendront en Equateur pour rencontrer leurs correspondants, venus en France en mai dernier. À cette occasion, les lycéens équatoriens avaient découvert la France à travers son histoire, sa culture et le fonctionnement du système universitaire français. Après un détour par les musées parisiens, ils se sont rendus au Parlement européen à Strasbourg. « Les élèves sont extrêmement motivés par ce projet, s’enthousiasme Blandine Casset, professeur d’espagnol. Le premier échange avec l’Equateur a été très fructueux. Les élèves ont tous gardé contact et communiquent régulièrement des mails. »

Trois jours en Amazonie

En Equateur, un programme chargé attend les lycéens isérois, élaboré selon trois axes de travail : commerce équitable, « souci de la terre » et droits des femmes indiennes. « Le développement durable est à la mode, on en parle tous les jours, poursuit Blandine Casset. Il est important que les élèves, dont certains se destinent à des carrières dans ce domaine, puissent toucher du doigt la réalité du développement durable. Notre travail sur le commerce équitable consistera par exemple à rencontrer des producteurs de cacao pour évoquer leurs conditions de travail. » Les jeunes passeront également trois jours en Amazonie, afin de partager le quotidien d’une tribu, de découvrir ses rituels ethniques, ses repas, mais aussi ses pratiques agricoles. Dans le cadre de leur travail sur les droits des femmes indiennes, ils envisagent de rencontrer des personnalités, symboles de la défense des droits des femmes dans le pays : Lourdes Tibán, ancienne ministre de la question autochtone et Nina Pacari, avocate et ancienne députée. Les lycéens pourraient même rencontrer Rafael Correa, le président de la République d’Equateur. Le voyage leur permettra enfin d’approfondir leurs connaissances sur des thèmes abordés lors des cours d’espagnol. « Le but de ce projet est aussi de faire écho à des sujets abordés en classe, comme l’exode des Indiens, le maintien des traditions, le colonialisme, conclut Blandine Casset. Il s’agit plus globalement de poursuivre notre action de responsabilisation de ces jeunes citoyens. » Si le programme est presque bouclé, le budget, lui, ne l’est pas encore. Pour réaliser leur rêve équatorien, les lycéens font donc un appel aux dons auprès des collectivités territoriales, mais aussi des particuliers.

                                                                   Laura Houeix


*Plus d’infos : www.ac-grenoble.fr/lycee/lmr/