Démissions en masse des directeurs d’école

La Lettre de l'Education (n°641) révèle cette semaine un chiffre époustouflant...

« En dix ans, plus de 30 000 directeurs d’école ont démissionné de leurs fonctions ». Ce qui fait que 10 à 15 % des écoles n’ont plus à leur tête un directeur solidement formé. Y aurait-il un malaise dans la profession ?

Le GDID (groupement de défense des intérêts des directeurs) en tout cas prend le problème au sérieux : il organise le 23 septembre à Paris les rencontres nationales des directeurs et directrices d’école pour en débattre.

Vu le nombre important de démissions, nombre d’écoles donc, n’ont plus de véritable directeur. C’est un enseignant désigné d’office, explique La Lettre, mais qui n’a pas reçu la formation idoine, qui se doit d’assumer comme il peut cette fonction.

Il serait peut-être temps de se pencher sur le mal-être de ce métier, non ?

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1 commentaire sur "Démissions en masse des directeurs d’école"

  1. dirlo en Bretagne  10 octobre 2009 à 11 h 42 min

    Pas de malaise chez les directeurs d’école : simplement envie de ne plus être en mission impossible.
    Les démissions en série ne sont que le résultat d’une politique managériale : les rapports de l’IGEN soulignent l’inexistence du concept de gestion des ressources humaines en particulier dans le premier degré.
    Après les pressions sur les directeurs pour faire cesser la grève administrative qui paralysait la remontée des statistiques nationales ( convocation chez l’IA, menace de mutation d’office), voici maintenant le recrutement systématique de directeurs chez les très jeunes enseignants, voire les sorties d’IUFM : ils doivent gérer de front des début de carrière difficile (double niveau d’un effectif supérieur à 25 élèves, 30 à 35 en maternelle), une jeune famille et la prise en charge d’un monceau de tâches administratives : de la Base élève aux commandes de fournitures, les projets d’école, la relation avec les parents, l’organisation de l’aide personnalisée et c’est nouveau, la gestion (et la justification) des indicateurs de réussite de l’école (taux de réussite aux éva CE1, CM2, B2I, niveau A1 de langues….). Trop jeunes dans le métier d’enseignant pour prendre de la distance, ils s’épuisent à répondre à des demandes institutionnelles toujours plus éloignées de la réalité de leurs vies professionnelles. Autrefois, la direction d’une école était considérée comme récompense d’une carrière méritante, les directeurs/trices mettaient leur expérience et leurs connaissances des parents au service de l’école ; ils étaient alors les garants d’une certaine idée de l’école, de la formation des jeunes enseignants mais du coup ils ont pu être perçus comme les défenseurs d’un conservatisme corporatiste dont il faut casser les ressorts .
    Quelques années encore et toute l’opinion (parents et enseignants) pourra accueillir avec soulagement la création des EPEP : charger la barque sans donner aux professionnels les moyens de réaliser leurs missions, c’est ce qu’on a fait avec succès pour préparer l’opinion à la privatisation d’entreprises comme France Télécom ou la Poste.Signaler un abus

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