Résultats encourageants pour l’internat d’excellence d’Armentières

Toutes les études internationales le confirment : l'importance du rôle pédagogique du chef d'établissement et son influence sur l'évolution des systèmes éducatifs sont prépondérantes. Et cela est d’autant plus vrai que l’autonomie des établissements ne cesse de croître. Les explications de Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l'Education nationale.

Installé sur un terrain de 8 hectares, le lycée Gustave-Eiffel fait partie de ces établissements où lycéens et enseignants ne sont pas confrontés aux difficultés rencontrées dans les ZEP. Depuis septembre 2008, une cinquantaine d’élèves ont rejoint son internat dont quelques places ont été labellisées « internat d’excellence ». Pour le proviseur, Jean-Pierre Carlier, la « situation est idéale pour accueillir des bons élèves dont la situation économique des familles est telle qu’ils ne pourraient pas suivre des études ailleurs ». « Nous avons en effet un internat de 500 places qui n’est occupé qu’aux 2/3. »

Origines modestes

Pour la rentrée 2009, 60 lycéens méritants sont inscrits dans le cadre de l’internat d’excellence. « Ils viennent de cinq établissements proches qui ne disposent pas d’internat, explique Jean-Pierre Carlier, dont un lycée professionnel qui forme à la conduite routière et un autre qui propose des formations liées aux métiers de l’industrie et un lycée hôtelier. Nous avons nous-mêmes des étudiants en BTS et en classes préparatoires. Tous sont originaires de catégories socioprofessionnelles allant de moyen moins à moyen plus ».

Ils ont été identifiés par leurs établissements d’origine, implantés en ZEP (zone d’éducation prioritaire) ou en ZUS (zone urbaine sensible). Et ce sont ces établissements qui ont informé les parents de l’existence de cet internat. Les critères d’identification reposent essentiellement sur les conditions de vie familiale, mais aussi sur les résultats scolaires du lycéen. Une aide financière allant jusqu’à 1000 €, mobilisable sur les fonds sociaux, est proposée aux familles par le Rectorat pour couvrir les frais liés à cette inscription : internat, transport…

Bien installés et bien encadrés

Internat d’excellence signifie que tout est mis en œuvre pour le bien-être des élèves. C’est une forme de discrimination positive au service de la réussite scolaire. « En classes prépa et BTS, ils ont tous une chambre particulière. Dans le cycle secondaire, ils sont quatre par chambre. Et l’internat a été entièrement rénové. »

Au-delà des conditions de vie, un encadrement pédagogique a été mis en place. « Des assistants d’éducation ont été recrutés pour aider individuellement et collectivement ces élèves, précise le proviseur. Des aides aux devoirs sont assurées au minimum trois heures par semaine et les études sont obligatoires. » Et l’internat est connecté au réseau internet du lycée, ce qui permet aux élèves de travailler sur leurs ordinateurs.

Des résultats probants

D’autres assistants d’éducation sont chargés de l’encadrement sportif, car le lycée d’Armentières a la chance de posséder un plateau sportif impressionnant : salle de sport avec dojo, salle de musculation, piste d’athlétisme autour du stade et piscine municipale qui jouxte l’établissement et avec laquelle le lycée a signé une convention d’utilisation.

Pour parfaire le tableau, un partenariat culturel a été établi avec une troupe de théâtre professionnelle qui répète dans la salle de théâtre du lycée. « En échange de cette utilisation gracieuse les comédiens font partager leur art aux élèves », ajoute Jean-Pierre Carlier. Et les résultats aux examens ? Pour seule réponse, le proviseur cite des chiffres : 92% de réussite au bac et 80% au BTS.

Reste maintenant à faire le bilan sur l’ensemble du territoire, particulièrement en Ile-de-France, pour savoir si ce projet mérite d’être amplement développé ou non. L’objectif initial était de créer 4000 places labellisées d’ici à 2012.

Alain Claude

(1) Ces internats ont été créés dans le cadre de la dynamique « Espoir Banlieues » (D.E.B.).
(2) Voir notamment la Lettre de l’éducation du lundi 14 septembre.

Quel est le rôle des chefs d’établissement chez nos voisins ?

Il est difficile de généraliser. Dans beaucoup de pays, notamment scandinaves, les établissements sont des lieux où l’on applique moins qu’en France des directives externes. De plus, la plupart du temps, seuls des enseignants peuvent accéder à ce poste. Et ils consacrent souvent encore une partie de leur temps à l’enseignement.

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