Lycée pro Eric Tabarly : quand développement durable rime avec confortable

Le premier lycée à la norme HQE© de la Région des Pays de la Loire vient d'ouvrir ses portes. Sa pédagogie originale est pleinement intégrée à la conception des locaux. Reportage au lycée Eric Tabarly, où nous avons été reçus par Andrée Roux, proviseure de l'établissement.

Le choix de la qualité

Pour sa rentrée 2009, le lycée professionnel Eric Tabarly d’Olonne-sur-Mer déménage dans de nouveaux locaux « développement durable » à la norme HQE©.

La qualification H.Q.E. –Haute Qualité Environnementale– est une norme certifiée de construction qui impose d’atteindre un certain nombre d’objectifs éco-responsables. C’est un choix libre, plus contraignant toutefois que le label « Bâtiment de basse consommation énergétique ».

Le souci du détail

La question énergétique figurait parmi ses objectifs prioritaires de construction respectueuse de l’environnement. L’établissement a réduit sa consommation énergétique à 50 kW/m²/an, contre environ 140 pour le lycée moyen.

Une éolienne produit ainsi 10.000 kW/an, qui alimentent directement les systèmes d’aération. Des rangées de panneaux photovoltaïques permettent d’économiser jusqu’à 60% du coût de l’éclairage du lycée, tandis que 90 m² de panneaux solaires permettent de chauffer 50% de l’eau sanitaire dans la partie hébergement. Des capteurs intelligents n’allument l’éclairage artificiel des salles que quand des présences sont détectées, et seulement dans les zones évaluées comme sombres ! Le même souci du détail a été apporté pour d’autres objectifs phares du projet : chantier à faible nuisance, intégration du lycée dans son environnement immédiat, ainsi qu’un confort acoustique, visuel et thermique maximal (grandes ouvertures sur l’extérieur, mais aussi isolation à toute épreuve)…

Confort pédagogique et ouverture vers l’extérieur

La nouvelle conception des locaux va aussi servir une nouvelle pédagogie ! Voire, une nouvelle façon de « vivre le lycée ». Le projet, bien que respectueux de l’environnement, n’a rien de spartiate. Des salles de cours généreusement ensoleillées disposent de locaux attenants séparés par une baie vitrée, qui permettront de pratiquer une véritable pédagogie différenciée entre deux groupes d’élèves. Un amphithéâtre permettra quant à lui de regrouper des classes partageant un même cours magistral.

D’autre part, l’établissement va signer des accords avec les collectivités locales, pour accueillir une partie des nombreux travailleurs saisonniers dans son « hébergement » de 150 places. Il s’ouvrira en partie aux associations, et à un public adulte, qui pourra y suivre des formations continues. Notamment grâce à sa salle polyvalente : équipée pour le son, les lumières et la vidéo, elle dispose de gradins mobiles et rétractables qui peuvent dégager plus de 150 m² supplémentaires. Elle pourra ainsi accueillir aussi bien des conférences, que des projections de films, des concerts… La commune a déjà demandé à l’utiliser comme bureau de vote.

Mise à jour des ateliers et des formations

Comment imaginer un lycée Tabarly sans bateaux ? Parmi les améliorations techniques qui ont accompagné la reconstruction du lycée, on trouve un hangar à bateaux et sa grue de 5 tonnes, une chambre de projection de matière synthétique pour la réparation des coques… et des bacs de test pour moteurs hors-bords (à droite), qui seront remplis grâce à la récupération des eaux pluviales !
Andrée Roux (à gauche) est la nouvelle proviseure de l’établissement. Jean-Marie Godet (au milieu) a supervisé les travaux en tant que chef du service « patrimoine des lycées publics » pour la Région des Pays de la Loire.


Le lycée professionnel a profité de l’extension de sa superficie (15.000 m²) pour introduire une nouvelle section « menuiserie ». Elle s’ajoute aux filières de maintenance « automobile » et « nautique », « chaudronnerie », et « plasturgie.

La maintenance de tous les ateliers nécessaires sera grandement facilitée par de longues coursives techniques à taille humaine, qui assurent un accès rapide aux filtres des circuits d’épuration et à tous les faisceaux de câblage, électrique, réseau…

Un modèle régional pour l’avenir

Le lycée Tabarly n’est pas le premier lycée français certifié HQE©. Mais il est le premier de la Région des Pays de la Loire, qui a intégralement financé les quelque 35 millions d’euros du projet. Il y servira d’exemple pilote, car la région vise désormais la norme HQE© pour toute nouvelle construction d’établissement. Les prochains chantiers de lycées à Pornic, Clisson, Ile de Nantes et Beaupréau (vers 2013/2014) devraient respecter les mêmes exigences de développement durable, d’ouverture et de confort que le lycée Tabarly. Cette décision s’inscrit dans la démarche du président du Conseil régional, Jacques Auxiette, qui tient à faire du lycée un réel lieu « du droit à la réussite ». En tout cas, la rapidité d’exécution du chantier –20 mois seulement !– prouve qu’il est possible de changer rapidement ses habitudes pour préserver l’environnement. Sans renoncer à son confort !



Texte et photos : Quentin Duverger

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