"Edupunk" : apprendre sans l’école

Parmi les nouveaux-nés cette année dans le vocabulaire anglo-saxon, on trouve le mot edupunk. Il s'agit d'un autodidacte qui rejette les formatages éducatifs de la société.

Chaque année, l’anglais s’enrichit de nouveaux mots -et jeux de mots- reflétant les tendances sociales du moment (à l’exemple de staycation). Or, l’éducation privée est menacée d’implosion aux Etats-Unis, en raison de frais d’inscription toujours plus élevés et de donateurs toujours plus exigeants. Dans un contexte économique aggravé par la crise, il est donc peu étonnant de voir éclore le terme d’edupunk.

Le New York Times s’est fait le relais de cette apparition dans le vocabulaire américain courant. Terme facile à décortiquer, il est né du mélange d’education et punk. A l’image du mouvement punk des années 70, il s’agit d’un mouvement culturel contestataire qui se rebelle contre les valeurs établies de la société de consommation. Mais pour une fois, l’éducation est devenue symbolique du formatage des masses : l’edupunk ne se soucie pas de son CV, et cherche à étoffer ses connaissances hors du ‘carcan’ du système scolaire traditionnel. Il s’agit avant tout d’un autodidacte, qui prend en main son éducation par méfiance envers les intérêts croisés « des écoles, des corporations et du gouvernement ».

Le terme a été forgé le 25 mai 2008 par Jim Groom, un « spécialiste en technologies éducatives » à l’université Mary Washington de Fredericksburg (Virginie), qui se donnait en exemple du concept. Son idée était de « combattre la volonté du capital au profit de la communauté ». D’ailleurs, les projets informatifs communautaires, comme l’encyclopédie Wikipedia, reflètent parfaitement cette tendance à l’apprentissage personnel et au libre partage des connaissances. Jim Groom n’a inventé qu’un mot; mais en mettant un nom et une définition adaptés sur le phénomène en développement, le concept d’Edupunk s’est naturellement « répandu à travers la blogosphère comme une traînée de poudre », comme l’a signalé le théoricien de l’éducation Stephen Downes.

Mais « No Future » appliqué à l’école de la République, c’est impossible, n’est-ce pas ? Allez savoir ! L’impossible n’est pas français…

Certains élèves rejettent le "formatage" du programme scolaire traditionnel. Photo © Quentin Duverger

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