L’introduction, rédigée par Alain Caillé et Philippe Chanial, maître de conférences en sociologie à Paris-Dauphine, pose d’emblée la problématique : « il est totalement vain d’attendre une réforme sensée de l’université qui vienne de nos élites ministérielles, formées dans des grandes écoles qui ignorent tout de l’université et de son esprit ». Ils reconnaissent néanmoins que souvent les universitaires se sabordent eux-mêmes, et que la crise de l’université se vit d’abord en interne, avec en particulier une « concurrence narcissique féroce »… Sans oublier une prolifération disciplinaire et la fin d’« une culture commune partagée ».

Parmi les nombreuses contributions (pour voir le sommaire complet), on pourra lire entre autres :

Olivier Beaud « Pourquoi il faut refuser l’actuelle réforme du statut des universitaires »

Michel Blay/de Fontenelle Entretien : « Les princes traitent toujours d’inutile ce qu’ils ne comprennent pas »

Grégoire Chamayou « Petits conseils aux enseignants-chercheurs qui voudront réussir leur évaluation »

Karl Jaspers « De l’institution universitaire »

Hitoshi Yakushiin « Depuis une cellule de détention pour professeurs désintéressés »

De quoi furieusement aiguiser la réflexion ! Elle pourra s’achever en toute beauté sur l’Appel pour un cercle des professeurs disparus, lancé dans la revue. Un brin nostalgique…