Monique Sassier, médiatrice de l’Education nationale

Monique Sassier vient d’être nommée médiatrice de l’Education nationale. Elle remplace Bernard Thomas, qui conseillera désormais le nouveau ministre. Enseignante de formation et ancienne directrice générale de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), elle aborde ses nouvelles fonctions avec enthousiasme.

Dans quel état d’esprit prenez-vous vos fonctions ?

J’ai déjà travaillé à plusieurs reprises sur la médiation. C’est un processus auquel je crois. Dans toutes les sociétés humaines, il permet de réduire un certain nombre d’éléments conflictuels et j’aborde donc ces fonctions avec beaucoup, beaucoup de plaisir et d’espoir.

Votre parcours vous amène à connaître à la fois le rôle du médiateur et l’univers de l’Education nationale…

C’est effectivement une chance. A l’inspection générale depuis 2005, je connais aujourd’hui assez bien l’ensemble du système scolaire et supérieur. Auparavant, lors de mon passage à la tête de l’Unaf, j’ai travaillé à la structuration de la médiation familiale. A l’époque, au début des années 2000, nous avons fait admettre une définition de la médiation, structuré des principes déontologiques et donné un statut et un diplôme aux médiateurs*. Nous avons créé un nouveau métier et un nouveau type de réponse sociale.

Comment pensez-vous travailler avec les 43 médiateurs académiques ?

Ils constituent pour nous des relais territoriaux essentiels. Nous créerons donc, ou maintiendrons pour ceux qui existaient déjà, des groupes de travail thématiques sur les sujets les plus sensibles. Je pense également les réunir à plusieurs reprises dans l’année pour que notre action soit la plus cohérente possible, tant sur la manière de répondre aux demandes que sur celle d’interpeller les ministres sur les progrès à accomplir. Nous devrons le faire avec des arguments, mais aussi des propositions de changements. Je ne voudrais pas que la mission des médiateurs consiste uniquement à repérer les dysfonctionnements.

Quelles seront vos priorités ?

Le rapport qui vient d’être publié par Bernard Thomas en fixait deux : la question des examens et concours, dont le baccalauréat de français vient de nous prouver toute l’acuité, et l’accès à la Validation des acquis de l’expérience professionnelle (VAE). Ces deux sujets resteront bien sûr d’actualité. Mais j’entrevois une autre perspective : le nombre des recours** formulés par les parents et les élèves ou les étudiants est en augmentation. Il faut donc répondre à cette demande de transparence, d’information et de compréhension.

Cette augmentation est-elle à vos yeux le signe que les dysfonctionnements se multiplient ou que l’Education nationale s’ouvre davantage à la critique ?

Pour moi, ce n’est ni l’un, ni l’autre. J’y vois plutôt la traduction concrète de ce que, depuis des années, on promeut le droit des personnes, des consommateurs, des élèves ou des étudiants à connaître ce qui les concerne. Il y a donc une demande, assez légitime dans une société au fonctionnement individuel, d’avoir connaissance des rouages administratifs, de la façon dont sont notées les épreuves de concours, des décisions qui sont prises… Cette demande vaut pour toutes les situations de la vie quotidienne et représente, pour moi, une cohérence avec l’évolution de notre droit.

Propos recueillis par Patrick Lallemant

* Le médiateur familial peut être employé par des organismes publics ou parapublics, des associations, des collectivités locales ou territoriales. Impartial, indépendant, qualifié et sans pouvoir de décision, il favorise, à travers l’organisation d’entretiens confidentiels, la résolution de conflits dans le domaine familial, en s’efforçant de restaurer la communication et de préserver ou rétablir les liens entre membres d’une même famille.
**6728 recours, en hausse de 14% par rapport à 2007

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