Plus vicieuse que la grippe aviaire, la peur d’échouer serait, elle aussi, contagieuse. C’est du moins le résultat d’une étude menée en Allemagne sur 49 étudiants, par une équipe de scientifiques de l’université de Düsseldorf.

Le modus operandi de l’expérience allemande était très simple. Première étape, chacun des 49 étudiants testés s’est fait poser du coton sous les aisselles, à mariner pendant quelques heures. A deux reprises : lors d’un examen scolaire, puis lors d’une séance de sport sur vélo d’entraînement.

Ensuite – et c’est là que je me félicite de ne pas participer activement à la recherche scientifique – un deuxième groupe d’étudiants a été invité à sentir les différents cotons. Aucun d’eux n’a su faire spontanément la différence entre la transpiration « de panique » (en examen) et la transpiration « sportive » de leurs camarades. Jusque là, rien d’intéressant, sinon que les chercheurs allemands ne donnent pas forcément dans la subtilité.

Un examen à l’IRM du groupe des renifleurs a pourtant révélé une autre vérité. En présence de transpiration de panique, les parties du cortex cérébral qui gèrent l’empathie sociale et les signaux émotionnels se sont illuminées chez eux comme des sapins de Noël. Il suffirait donc qu’un individu angoisse pour que sa peur se transmette inconsciemment à tous ceux qui l’entourent. Sous l’effet d’une petite molécule qu’il ne reste plus qu’à identifier, tout le monde profite en somme du stress de son voisin.

Bientôt de la peur en aérosol dans les magasins de farces et attrapes ? Comme souvent, la réalité a dépassé la fiction. Et à quand l’étude complémentaire sur l’amour, qui placera Patrick Süskind dans les rangs des visionnaires avec son Parfum ? Il le mérite bien, allemand qu’il était aussi. En tout cas, c’est maintenant chose faite pour le Russe Nikolaï Vassilievitch Gogol, qui affirmait déjà il y a plus de 150 ans : « Plus contagieuse que la peste, la peur se communique en un clin d’oeil. » En un clin d’oeil, et via les dessous de bras.