Les "fausses universités", un phénomène dangereux qui frappe la Suède

En Suède, le terme d'"université" n'a pas de définition légale. Des institutions fantoches délivrent donc des diplômes universitaires à la demande. Mais la répression s'organise.

En Suède, le mot « université » (universitet) ou « collège d’enseignement supérieur » (högskola) n’a pas de cadre juridique. N’importe quel établissement d' »enseignement » peut donc prétendre à l’appellation d’université, et délivrer librement des diplômes allant de la licence au doctorat. A l’exemple de l’université « fantôme » d’Alhuraa opérant depuis Stockholm, ou encore l’Université Scandinavienne de Science et Technologie de Göteborg. Des titres ronflants qui ne cachent que du vide…

Le journal suédois anglophone The Local a répercuté l’avertissement de l’Agence Nationale Suédoise de l’Enseignement Supérieur (Högskoleverket) à l’encontre de ce danger. Une mauvaise publicité a déjà porté un large préjudice aux deux universités précédemment citées. L’organisme demande malgré tout que la Suède imite la Norvège, en apportant un cadre juridique bien précis au terme d’université.

« Le problème avec le système actuel est que n’importe qui peut pratiquement appeler n’importe quoi une université », explique Erik Johansson, membre de l’agence. Pour lui, le risque évident est que la Suède devienne à terme une sorte de « paradis fiscal, mais dans le domaine de l’éducation. Des signes indiquent que nous pourrions suivre le même développement que les Etats-Unis, où des états comme la Californie et Hawaï sont devenues la cible des universités fictives. »

En effet, ce phénomène est loin d’être récent. Une recherche Google aura vite fait de démontrer que les « universités » américaines à proposer des diplômes à la vente sont légion. La plupart de ces « universités » ne disposent que d’un site Internet et d’une boîte postale. Si certains sites ne font que proposer des diplômes factices, d’autres universités en ligne se permettent de proposer par exemple un doctorat 100% légal à moins de 200$… et bien entendu, sans avoir à suivre le moindre cours. Puisque ces offres se multiplient, les employeurs ont bien du mal à distinguer le couronnement de plusieurs années d’études, du produit d’une transaction internet de cinq minutes. La plupart de ces fausses universités fournissent même un service de confirmation téléphonique, en cas d’enquête par un employeur.

Ce business des faux diplômes est si juteux qu’il a dépassé le milliard de dollars de chiffres d’affaires annuel aux Etats-Unis, avec plusieurs milliers de diplômes vendus par semaine. Il est également devenu un problème de sécurité nationale : en 2004 déjà, un audit de sécurité révélait qu’au moins 463 employés fédéraux avaient des diplômes académiques sans valeur. Certains de ces employés occupaient des postes à haut niveau de responsabilité, notamment à l’intérieur du ministère américain de la Défense. On comprend donc aisément les inquiétudes de la Suède. Mieux vaut prévenir…

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