« Instituer un enseignement d’histoire de l’art à l’école dans tous les pays de l’Union permettrait à tous ses habitants de comprendre l’esprit de communauté artistique qui unit l’Europe depuis plus de trois millénaires. » Partant de ce postulat, l’APAHAU vient de lancer l’Appel de Florence.

Suite à un colloque sur la didactique de l’histoire de l’art qui s’est tenu à Florence en mai dernier, l’APAHAU a décidé d’alerter politiques et grand public sur la nécessité de l’art. Plus précisément, sur la nécessité d’une éducation à l’histoire de l’art et d’une connaissance commune aux pays de l’Union Europénne de la richesse de leurs patrimoines artistiques.

Pour l’association, quoi de plus naturel en effet que l’art pour cimenter le sentiment d’appartenance européenne ? « Donner une dimension européenne à l’enseignement d’histoire de l’art, l’instituer dans tous les pays d’Europe, ce serait, en associant les futurs citoyens d’Europe à leur propre histoire, donner un remarquable élan à une Europe de la culture ». La culture est visible, accessible, vivante, elle est une Europe palpable, au contraire d’une Europe des traités et des textes parfois rébarbative et lointaine.

L’APAHAU propose donc, pour chaque jeune européen scolarisé, au moins une heure de cours d’histoire de l’art par semaine. Afin d’être entendue, elle a lancé son appel, déjà signé par de très nombreux et prestigieux professeurs et chercheurs.

Le projet est noble et mérite d’être salué. Il invite également à se demander si se sentir européen, en particulier jeune européen, ce n’est pas avant tout se sentir l’héritier d’un patrimoine de l’esthétique et de la beauté, que l’on partage, bien au-delà des barrières linguistiques, avec d’innombrables voisins…

Le Beau rassembleur ?