Le baccalauréat en Europe : un mot à plusieurs sens

Bientôt le bac en France ! Si certains pays européens nous imitent dans cet « examen de maturité » à la sortie du lycée, la plupart sont moins exigeants vis-à-vis de ce premier diplôme, et d’autres conservent son sens étymologique. Tour d’horizon du « baccalauréat » en Europe.

Cet été, plus de 600 000 élèves de lycée auront passé les épreuves du baccalauréat général et technologique en France. Même si le reste de l’Europe penche parfois davantage en faveur d’un contrôle continu plus prononcé ou d’examens d’entrée à l’université, les jeunes lycéens français n’ont pas à se sentir seuls pour autant. En effet, les épreuves de fin de lycée existent aussi chez nos voisins européens. A la consonance assez éloignée du baccalauréat mais dans le même esprit, les jeunes habitants des pays nordiques passent eux aussi un examen à la fin de leurs années de lycée qui valide leurs connaissances et leur donne accès à l’université, à savoir le ylioppilastutkinto (en finnois) ou studentexamen (en suédois). Le baccalauréat d’inspiration française s’est aussi naturellement étendu aux pays du Mahgreb.


 


Des modalités qui changent d’une région à l’autre


 


Toujours plus proche de la France, en Espagne, le bachillerato désigne les deux dernières années d’enseignement secondaire ; elles sont facultatives, mais la note moyenne entre le contrôle continu sur ces deux années et les résultats à l’examen final de la selectividad conditionne l’entrée des bacheliers espagnols dans les universités de leur choix… Du fait du fonctionnement largement décentralisé du pays, les épreuves diffèrent néanmoins grandement d’une région à l’autre. En Allemagne également, l’Abitur constitue l’étape obligatoire pour sortir du Gymnasium (équivalent de notre lycée), un examen généralement passé à 19 ans. Là encore, le système fédéral cause des disparités dans les modalités de passage d’un « Land » à l’autre. Malgré tout, près de 100% des lycéens allemands décrochent leur Abitur, contre quelque 80% des candidats au bac français. Signe de sérieux de la part des lycéens allemands, ou relégation normale d’un examen dépassé au statut de simple formalité ?


 


Le baccalauréat, diplôme d’université


 


Si le baccalauréat reste en France le premier échelon des diplômes de l’enseignement supérieur, il n’a pas gardé la force de son origine moyenâgeuse. Le mot, issu du bas-latin bachalariatus, désignait d’abord un premier grade dans la chevalerie avant de s’appliquer à la communauté universitaire. Avant d’être réformé (mais également «rétrogradé») par Napoléon en 1808, le baccalauréat sanctionnait en effet de nombreuses années d’enseignement spécialisé, en droit, médecine ou théologie, à l’université de Paris… N’a-t-il pas, du même coup, été vidé de son sens dans sa version moderne ? En Belgique, le terme « baccalauréat » désigne encore un diplôme universitaire de premier cycle, correspondant à notre licence. Même situation au Québec francophone. En Angleterre, la déformation baccalaureate ou plus habituellement bachelor’s degree couronne une nouvelle fois la réussite d’un premier cycle de trois ans à l’université. Si en Suisse on distingue encore dans certains cantons baccalauréat (lycéen) et baccalauréat universitaire, le bachelorgrad norvégien, le baccalaureus des Pays-Bas, ou encore l’ancien bacharelato portugais (appelé aujourd’hui licenciatura), par exemple, restent tous synonymes de grades universitaires de cycle I, généralement préparés en 3 ans.


 


Se passer du bac est-il possible ?


 


Alors, pourrait-on faire sans bac ? Toujours au sein de l’Union européenne, les Grecs n’ont pas vraiment de bac, mais un examen d’entrée à l’université qui dépend des études envisagées. Et en guise de bac, les Anglo-Saxons passent un examen appelé « A-levels », portant sur une sélection d’au moins trois matières au choix de l’élève – un concept bien différent de notre large gamme de baccalauréats, aux coefficients lourds et compliqués. Qui reprochera par exemple aux littéraires d’être angoissés devant une épreuve de philosophie à coefficient 7, ce qui rend la matière presque quatre fois plus importante pour leur réussite globale que n’importe laquelle des épreuves anticipées de Première ?…

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