Seconde : retour de la géométrie dans le programme de maths ?

Le 15 mai a pris fin la consultation1 lancée depuis mars par le ministère de l’Education nationale au sujet des nouveaux programmes de mathématiques de seconde2, en vigueur à la rentrée prochaine. Retour sur les points essentiels de contestation.

La Lettre de l’Education du 11 mai (n° 630) indique que « le ministère souhaite réintégrer la géométrie dans le nouveau programme de seconde ». Il s’agit en effet du point de contestation essentiel du nouveau programme proposé par le ministère -où elle est absente. Mais Jean-Louis Nembrini, directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) a affirmé tenir vraiment compte des « remontées de la consultation » des mathématiciens, signale la Lettre. La consultation a pris fin le 15 mai dernier, alors que le débat, depuis son ouverture en mars, a été houleux, et que des pétitions de mathématiciens circulent sur le net contre ce nouveau programme, recueillant plusieurs milliers de signatures. Dans le détail, quelle est la demande précise en ce qui concerne la géométrie ?



C’est inacceptable


Le site des IREM (Instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques) présente dans un texte rédigé par la Commission Inter Irem Géométrie, de façon condensée, la problématique en trois chapitres différents. Dans le premier, « Trigonométrie. Cercle trigonométrique. Angles », la Commission insiste sur le fait que se passer du calcul trigonométrique en seconde est une « erreur ». Dans le second, la Commission plaide pour la réintroduction du calcul vectoriel en seconde, enfin dans le dernier chapitre consacré à l’algèbre, elle estime qu’il faudrait ajouter au programme « un chapitre autonome consacré, à part, à la théorie des équations et des systèmes d’équations linéaires ». Pour conclure, la Commission est opposée à l’idée sous-jacente à ce programme qui consiste à « abandonner l’enseignement des concepts synthétiques, réputés difficiles,angles, vecteurs, produit scalaire ». Comme le note la Société de mathématiques françaises dans son analyse  du projet de programme, « la disparition de toute géométrie du programme de seconde est inacceptable ». Mais le mécontentement va au-delà.

Les mathématiciens seront entendus


A la fin de son texte, la Commission Inter Irem Géométrie indique en effet sa désapprobation globale vis-à-vis de la multiplication des enseignements optionnels, nuisibles à l’acquisition d’une solide culture scientifique, et propose, pour un enseignement mathématique de qualité, un doublement du volume horaire du cours de mathématiques en seconde (de 3 à 6 heures). On le voit, un problème de fond demeure quant à la conception des programmes pour les IREM. Il s’agit bien d’un débat plus large. Mais pour ce qui est de la géométrie du moins, les revendications des mathématiciens seront-elles entendues ? Il semblerait que oui. L’APMEP, association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public, indique ainsi sur son site, suite à son entretien avec la DGESCO, qu’il « semble acquis que ce projet de programme sera modifié à la suite de la consultation », allant donc dans le même sens que ce qui est dit par Jean-Louis Nembrini. De toute façon, si le programme demeurait en l’état actuel, ne courrait-on pas le risque d’un appauvrissement des contenus enseignés et par là même, d’une réelle baisse du niveau des élèves ?


 


 


1) plus d’infos sur le site du ministère
2) les programmes de mathématiques de collège ayant été modifiés entre 2005 et 2008, les nouveaux programmes de seconde doivent entrer en vigueur en septembre prochain, pour que les actuels élèves de 3e puissent suivre l’an prochain

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