L’université française est à l’agonie

Ce sont les propos contenus au tout début de l'appel de 29 universitaires pour "refonder l'Université française", publié jeudi dans Le Monde.

Alerte maximale sur l’état de l’Université française : elle va mal, très mal même. Une trentaine d’universitaires de renom, de bords politiques très différents, ont donc décidé de se mobiliser pour lancer un appel à sa refondation. Pour éviter que n’augmente encore la fuite des meilleurs étudiants vers les classes préparatoires et les IUT, et pour les plus faibles, les taux d’échec, plusieurs pistes sont envisageables. Pour eux, il est capital de créer des parcours différenciés. C’est-à-dire que l’université accueille l’ensemble des formations -d’excellence, techniques, professionnelles…, toutes placées sous l’égide d’un ministère unique, celui de l’Enseignement supérieur, et qu’elle propose des parcours différenciés en fonction du profil des étudiants.

Il s’agirait donc de créer à l’université « un grand service public propédeutique de premier cycle réunissant (ce qui ne veut pas dire normalisant dans un cycle uniforme) IUT, BTS, classes préparatoires et cursus universitaires de licence ».
Ce qui impliquerait une sélection des étudiants pour accéder aux formations, même si le principe de l’accès pour tous les bacheliers à l’université n’est absolument pas remis en cause. Autre point fort de cet appel : la proposition d’une sélection à l’entrée en master1 et non plus en master2.
L’objectif de cet appel est de donner une place centrale à l’université, comme c’est le cas partout ailleurs dans le monde, la France étant le seul pays où « l’Université est ainsi le maillon faible de l’enseignement supérieur »

Amis lecteurs, estimez-vous que l’Université française est à l’agonie et que pensez-vous des propositions contenues dans cet appel des universitaires ?

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4 commentaires sur "L’université française est à l’agonie"

  1. fc1931  16 mai 2009 à 13 h 33 min

    Pourquoi ne pas instaurer dans le cursus scolaire une règle simple et de bon sens: avoir acquis les connaissances propres à chaque étape avant de passer à l’étape suivante? Est-il normal d’admettre en 6° des élèves qui ne connaissent pas les bases de lecture et écriture du français. Par expérience je sais que ces élèves ne seront remis à niveau qu’au prix de grandes difficultés alors que le redoublement de CM2 est souvent bénéfique. Cela aurait l’avantage de mettre les enseignants du primaire devant leur responsabilité, assurerait l’avenir scolaire des enfants.la même règle pourrait s’appliquer à la fin de chaque cycle d’enseignement.
    L’Université retrouverait alors des élèves aptes à suivre les cours avec profit.
    (J’ai commencé ma carrière d’enseignant en tant que "maître d’école" avant d’enseigner les maths en collège et de terminer Principal adjoint ) Les meilleurs résultats en remise à niveau c’est la période où les élèves en difficultés faisaient leur 6° en 2 ans Signaler un abus

  2. Fabrice  18 mai 2009 à 7 h 54 min

    L’université est sans conteste très malade et ce depuis des années , mais n’est elle pas que l’un des révélateurs d’une société où les seules valeurs sont les impératifs du néoliberalismes .
    L’université représente (encore?) un espace de pensée "libre"(ou l’enseignement n’est pas guidé uniquement par les imperatifs économiques) ,elle est , pour nos pseudo-libéraux ,l’un des symboles du mot d’ordre de Marx "le role de la science est de donner un véritable mot d’ordre de lutte…..de savoir comprendre la necessité de cette lutte .Impossible de donner un mot d’ordre de lutte sans étudier dans tous ses détails chacune des formes de cette lutte,……,…,sans perdre de vue le caractère général de la lutte, son but d’ensemble :la suppression complète et définitive de toute exploitation, de toute oppression."D’accord ou pas peu importe mais l’université est et reste pour les penseurs libéraux l’un des fortins de cette pensée!
    Ce n’est pas" la lutte finale" mais le début d’un combat pour preserver nos espaces de liberté , la forme est discutable et pleine de non sens ,mais le fond…Signaler un abus

  3. Fado  18 mai 2009 à 14 h 49 min

    Il convient de remettre à l’honneur les enseignements techniques et professionnels et de proposer des formations ayant des débouchés…quid de la licence d’italien, d’allemand, de psycho et autres…
    En revanche, créer de véritables laboratoires de Langues, mettre en synergie des universités européennes, cessez de s’arrêter aux seuls diplômes, mais repensez notre enseignement serait salutaire…
    Un test de niveau serait également nécessaire, en effet même s’il est fondamental de démocratiser l’enseignement et de donner à chacun ses chances de poursuivre ses études, la filière générale n’est pas la seule à promouvoir un avenir porteur d’espérance!… Combien de bac+ X années se retrouvent au chômage aujourd’hui faute d’offres d’emplois… Ne pas confondre démocratie et démagogie….
    Mais il faut aussi repenser la reconversion de ces enseignants dont on veut supprimer les filières…C’est un travail de longue haleine qui demande réflexion,dialogue avec les intéressés et moyens humains…
    L’université n’est pas une marchandise, ses personnels non plus!!!Signaler un abus

  4. Parent  20 mai 2009 à 10 h 53 min

    Qu’est ce que la "pensée libre" de Fabrice sans un minimum de culture et de capacité à penser par soi même?
    Une jeune étudiante américaine en échange universitaire en France depuis 5 mois et qui nous rend visite depuis hier nous dit "à chaque rendez-vous (pendant le blocage de l’université où elle se trouve) entre les étudiants et les professeurs, il y a de nouvelle raisons de bloquer" ; elle a compris "le refus des études payantes" et "un problème avec les professeurs" ; c’est peu, on pourra dire qu’elle ne maîtrise pas encore assez notre langue, mais en saurait-on plus en interrogeant un étudiant français au hasard? Combien savent que les enseignants chercheurs "en grève" ont été payés normalement jusqu’à ce jour?
    Ce qui me frappe dans ces mouvements (que j’ai vécus de près lors de blocages de Lycée) c’est la confusion et l’amalgame qui y règnent, alimentés par des angoisses, certes compréhensibles, mais qui ne devraient pas être encouragées par les adultes que nous sommes.
    L’appel des universitaires de la semaine dernière suggère en effet à mon sens la possibilité d’une sélection, qu’il faudrait plutôt appeler d’une aide à l’orientation, à l’entrée de l’université, et qui me semble souhaitable. Je me permets de signaler une intervention de Antoine Compagnon, disponible sur Canal Académie (www.canalacademie.com/Les… présentant le système universitaire américain. L’examen passé par tout prétendant à l’université américaine permet, ajouté au dossier scolaire de lycée, de proposer ou pas un accès à 3 niveaux d’universités, des plus difficiles et longues, aux plus faciles et courtes, avec des passerelles entre. On éviterait ainsi le paradoxe de la sélection à l’entrée en IUT (université!) alors que les cursus LMD sélectionnent à l’envers, sur la durée, avec leur lot de flottement, frustration, désillusions.
    Comment valoriser l’entrée en université en France quand elle est le plus souvent considérée comme "roue de secours" (je suis parent d’une lycéenne bac 2008 et d’un lycéen en Terminale cette année), ce qui explique à mon sens le sentiment de déclassement et de frustration de ceux qui s’y retrouvent, le plus souvent dans de bien mauvaises conditions matérielles, en plus!
    On est libre quand on choisit! Pas forcément parce qu’on se révolte.
    J’en reviens à notre étudiante américaine : pour le moment (2ème année d’université), elle a choisi (aux Etats-Unis) Français, Relations internationales et … Théâtre : pour une université financée avec des fonds privés, on ne peut pas parler d’une dictature du débouché économique! L’an prochain, elle suivra aussi un cours niveau basique de Physique! J’y vois de l’ouverture, de la disponibilité au monde, de la confiance. C’est cela qu’il faut réintroduire dans notre système français où je vois plutôt un discours de surface de revendication de liberté et d’égalité, mais en profondeur des pratiques très individuelles et inégalitaires (notre fameuse débrouillardise) : les meilleurs (et les plus hautes CSP, enseignants largement inclus, j’en suis l’exemple) en prépa, ou filières sélectives (IUT, BTS, médecine, pharma, etc…) ; les autres "à la fac", mais là aussi, il y a des différences puisqu’on voit monter en puissance les petites facs de petites villes avec de petites promos et du suivi plus proche des étudiants.
    Oui aux parcours différenciés donc. Que chacun entamera en ayant réfléchi au sens que ça a pour lui, et pas seulement parce qu’"il y a droit". Ce n’est pas parce que j’ai droit à quelque chose que je dois forcément exercer ce droit, je ne le fais que si ça a du sens pour moi, en accord avec mon projet, mes valeurs.
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