Roger Bambuck, un athlète devenu inspecteur général de l’Education nationale

Ancien athlète de niveau mondial, Roger Bambuck est ensuite devenu cadre commercial, puis ministre, avant de rejoindre l’Inspection générale de l’Éducation nationale. Portrait d’un homme au parcours riche.

« Je n’en suis pas à l’heure des bilans. J’ai encore beaucoup de choses à faire et je n’ai pas les yeux fixés sur le rétroviseur ! » Comme le sprinter d’exception qu’il a été, Roger Bambuck regarde toujours droit devant lui. La preuve : la dernière version de son CV remonte à 1999 ! A bientôt 64 ans, il les aura en novembre, l’enfant de Pointe-à-Pitre pourrait pourtant tirer de son parcours une fierté légitime : seul athlète français à avoir détenu le mythique record du monde du 100 mètres, ancien secrétaire d’État chargé de la Jeunesse et des sports… Certains entretiennent le culte du passé pour moins que cela.

Cinq ans à toute vitesse

La première vie de Roger Bambuck est brève : cinq ans d’athlétisme au plus haut niveau mondial, entre 1963 et 1968. Cinq années ponctuées, entre autres, par huit titres de champion de France, deux couronnes européennes, un record du monde et une médaille olympique. Autres temps, autres mœurs : à la fin des années soixante, le sport ne nourrit pas son homme et Roger Bambuck tourne la page après les Jeux de Mexico. Nous sommes en 68, il n’a alors que 23 ans ! « Ce que j’espérais du sport, je l’avais déjà obtenu : voyager, partager des valeurs avec d’autres personnes, me mesurer aux meilleurs athlètes mondiaux, m’épanouir personnellement… Je n’aurais jamais pu faire ce que j’ai fait ensuite si j’avais été un Guadeloupéen lambda. Mais, pour le reste, je n’avais jamais eu l’intention de prolonger indéfiniment ma carrière de sportif. »

En piste vers le ministère

Après une brève tentative en faculté de médecine, Roger Bambuck commence sa vie professionnelle comme commercial, chez Renault Engineering d’abord, puis dans la distribution d’articles de sport. Après seize ans dans cette activité, l’ancien champion prend un nouveau virage et devient directeur des sports de la ville d’Epinay-sur-Seine.

C’est là qu’en 1988, Michel Rocard, tout juste nommé premier ministre, vient le chercher pour lui proposer d’entrer dans son gouvernement. « Le monde sportif avait bien changé, d’autant que j’étais passé du statut d’acteur à celui de témoin ! » En trois ans, Roger Bambuck réussit cependant à mener à bien plusieurs projets qui lui tiennent à cœur : « la mise en place d’un dispositif permettant de développer les emplois autour du sport de masse, l’adoption d’une loi de prévention et de lutte contre le dopage, l’instauration d’une Fête du sport, même si elle a été torpillée par mes successeurs… »

Autonomie et initiative

A sa sortie du ministère, en 1991, Roger Bambuck intègre le CNRS en tant que chargé de mission. Il y anime un groupement de recherches sur le sport et intervient ensuite également à l’UNESCO, dont il conseille le Directeur général. Enfin, en octobre 1997, il entre à l’Éducation nationale comme Inspecteur général : « L’inspection générale n’est pas uniquement composée de pédagogues. J’y apporte le regard singulier qui résulte de mon parcours. »

Dans la foulée d’une vie marquée par ces valeurs, Roger Bambuck préside en particulier, au sein du Comité d’orientation sur les programmes, le groupe de travail sur l’autonomie et l’initiative. « C’est, à mes yeux, le pilier le plus important du socle commun de compétences et de connaissances, celui qui fait la différence entre éducation et dressage. C’est peut-être aussi le plus difficile à mettre en œuvre, dans la mesure où il ne peut pas se mesurer et ne relève pas forcément des attentes prioritaires des parents. »

À chaque âge ses spécificités, et Roger Bambuck adapte les objectifs à ses interlocuteurs : « Dans les classes maternelles et préparatoires, les enfants se voient imposer des contraintes. L’enjeu consiste à les leur expliquer. Au collège, puis au lycée, il faut apprendre aux adolescents à se créer leurs propres obligations. Le meilleur moyen d’y parvenir consiste à les impliquer dans les projets pédagogiques. »

L’ancien ministre brosse alors en trois mots le portrait de l’enfant que nous aimerions tous avoir : « créatif, original et responsable. »

                                      Patrick Lallemant

Roger Bambuck en cinq dates

1968 : bat le record du monde du 100 mètres en 10 »
1969 : met un terme à sa carrière de sportif
1985 : devient directeur des sports de la ville d’Epinay-sur-Seine
1988 : est appelé au secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports
1997 : est nommé Inspecteur général de l’Éducation nationale

1 commentaire sur "Roger Bambuck, un athlète devenu inspecteur général de l’Education nationale"

  1. Jacotet  10 octobre 2018 à 17 h 46 min

    Il fut un de nos plus grands athlètes
    et un très bon ministreSignaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.