Quelle solution pour les candidats n’ayant pu passer leur épreuve d’agrégation ?

Jeudi dernier, une panne SNCF a retardé une cinquantaine de candidats à l’agrégation, qui n’ont pu passer leur épreuve et, recalés de fait, ont vu ainsi toute leur année de travail compromise. Nous vous avons demandé, amis lecteurs, quelle solution trouver pour eux. Tour d’horizon de vos points de vue.

« J’ai toujours écouté les recommandations de mes aînés, à savoir loger à proximité du lieu de concours, procéder à une reconnaissance préalable du parcours et des lieux » et « jamais malgré une grève lourde des transports lors du dernier concours passé à Paris (je suis provinciale) je n’ai été en difficulté » écrit une enseignante, qui a passé tout de même trois concours enseignants. Pour elle, c’est simple : il faut « savoir anticiper l’imprévu ». Et si cela n’a pas été le cas, tant pis. Il faudra repasser le concours, en étant cette fois-ci plus prudent.
André, qui a passé son CAPES en 1978, est du même avis. Il indique que quand il a passé son oral de CAPES, il « fallait être à 6h du matin dans l’établissement et sans métro ». De plus, les candidats avaient été prévenus : tout retard serait éliminatoire. Sa conclusion est donc qu’un jour d’examen, « on doit prendre ses dispositions et doubler les mesures de sécurité ». Le message est là encore très clair ! Il termine avec une petite pointe d’ironie : « et pourquoi pas une cellule psychologique pour soigner le stress de ces pauvres petits ? »… Ces deux points de vue ont le mérite de trancher net, et en fin de compte ne sont pas dénués de bon sens. Mais parmi vos messages, certains sont plus nuancés.

Trouver une solution juste pour tout le monde

Ainsi, un lecteur, « professeur agrégé d’économie-gestion qui se souvient de l’énorme travail de préparation de ce concours…  » propose une solution médiane : « faire passer les épreuves de remplacement aux candidats qui n’ont pu composer normalement ». Le professeur note en effet que des épreuves de remplacement existent. Dans un cas exceptionnel comme celui-là, pourquoi ne pas les utiliser ? Cela éviterait toute injustice, à savoir que « des candidats qui ont composé dans des conditions normales soient sanctionnés par l’annulation de leur épreuve » et que « des candidats tributaires des moyens de transport en commun soient sanctionnés par le refus de leur passage d’épreuve ». Il aurait été possible aussi de faire composer normalement tout le monde sur le même sujet, sans désavantager personne, en octroyant juste un délai supplémentaire aux candidats retardataires. « Il aurait été normal de laisser les candidats composer, en décalant le temps » suggère ainsi une lectrice. Autre solution médiane : un lecteur propose de « demander à la SNCF le financement d’une année d’études en dédommagement du préjudice subi ».  Dans ce cas cependant, les candidats auraient à refaire leur année et à repasser le concours. D’autres propositions beaucoup plus radicales se dégagent également, à l’exact opposé des deux premiers points de vue évoqués.

« Supprimer l’agreg ou la filer à tout le monde »

Pour une de nos lectrices, il faut carrément refaire une session pour tout le monde, bien qu’à ce jour, environ une cinquantaine de candidats seulement sur 7500 soient concernés. Ne pas organiser une telle session serait « un signe de mépris vis-à-vis des enseignants et de leur travail de préparation ». Plusieurs d’entre vous vont plus loin encore, jugeant qu’il n’est pas nécessaire de réorganiser une session, mais qu’il vaut mieux simplement supprimer … l’agrégation ! Un lecteur suggère ainsi avec humour de « supprimer l’agreg ou bien de la filer à tout le monde ». Denis Duprat, proviseur à Cayenne, agrégé d’économie-gestion, estime également que l’agrégation n’a plus lieu d’être. Pour lui, elle ne « correspond plus à un niveau de qualification nécessaire pour enseigner en classes de lycée et/ou de post-bac » et la supprimer « rendrait moins absurde un système coûteux qui forme des agrégés pour enseigner en classe de 6ème ». Enfin, cela permettrait « davantage de promotions », en envisageant par exemple la mise en place d' »une hors classe des certifiés ».
Alors existe-t-il une solution équitable pour tous ? Et par ailleurs cet incident n’est-il pas l’occasion de réfléchir à l’avenir d’un concours qui n’a peut-être plus tout son sens ? Vos messages invitent à y réfléchir.

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