Latin ou grec ? Mais pas les deux à la fois

Les enseignants de Lettres classiques de l'Université de Paris IV

Dans leur motion, les professeurs de langues anciennes dénoncent le fait que dans la nouvelle mouture du CAPES de Lettres Classiques, « les épreuves d’admissibilité seraient réduites à deux au lieu de trois actuellement » et que « les épreuves d’admission seraient elles aussi ramenées à deux, au lieu des trois épreuves actuelles ». Concrètement, cela veut dire qu’à l’écrit, le candidat n’aurait plus qu’une seule version, soit en latin, soit en grec. Mais pas les deux.
De même à l’oral, l’épreuve d’explication de texte antique serait remplacée par une épreuve pédagogique. Le candidat ne serait donc absolument plus évalué sur « son savoir historique, littéraire et culturel ». La motion condamne donc « cette importance inédite des épreuves pédagogiques dans un concours de recrutement » qui « consacrerait un recul inacceptable du savoir comme critère de sélection ».

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5 commentaires sur "Latin ou grec ? Mais pas les deux à la fois"

  1. Seraphita  6 avril 2009 à 17 h 35 min

    jusqu’en terminale, j’ai fait latin et grec, bien que scientifique, et cela m’a beaucoup enrichie, pourquoi les jeunes d’auj n’auraient pas droit à cela ?Signaler un abus

  2. Ludoco  11 avril 2009 à 0 h 50 min

    L’objectif est de recruter des enseignants de moins en moins compétents, ce qui présente de nombreux avantages.
    1-Il faut économiser de l’argent. Le bouclier fiscal, les aides aux banques, les avantages accordés aux chefs d’entreprises proches de notre président…coûtent cher !
    2-Notre président, démocratiquement élu, a clairement déclaré sa haine de la culture et de la connaissance, notamment en mettant en place la destruction systématique des instituts de recherche et de l’Université, et en ricanant grossièrement sur l’utilité des études littéraires. Le grec et le latin représentent les symboles de l’humanisme, de la culture de référence, qui dérangent un président à l’expression orale défaillante, voire vulgaire, explicitement orienté vers des valeurs pécuniaires. Donc sus à ces symboles !
    3-En diminuant le nombre d’épreuves aux concours, l’on accroît les aléas de la procédure. Statistiquement, le recrutement des enseignants sera de moins bonne qualité. Le constat sera aisé à faire, et le niveau des élèves baissera un peu plus. Voyez, chers électeurs, le travail est mal fait, l’éducation nationale fonctionne mal ! Ainsi, il sera facile de justifier la suppression de nouveaux postes d’enseignants. Retour au point 1- CQFD
    4-Au delà de l’intérêt culturel, ces connaissances littéraires peuvent jouer un rôle dans les concours républicains de recrutement de fonctionnaires. Elles vont devenir inutiles désormais, puisque la marginalisation, voire la disparition des concours est programmée (initiée par la gauche). L’essentiel des recrutements se fera par cooptation ("piston"), avec un développement massif des épreuves bidons ou des entretiens de complaisance (absence de programme officiel, absence de critère objectif, absence de motivation des choix réalisés par le jury). L’avantage est double. D’abord, l’on pourra s’assurer que le futur enseignant (par ex) dispose du bon état d’esprit, de la servilité nécessaire (tout est dans la forme, rien dans le fond). Ses compétences disciplinaires seront perçues comme accessoires. Ensuite, les enfants des gens biens ("recommandés") pourront être recrutés sans nécessité de pratiques mal perçues, voire à terme pourront s’effectuer sans aucun état d’âme.

    Le sabordage de l’Education Nationale se met en place à tous les niveaux, s’inscrivant dans la liquidation générale de tous les services publics.

    LudocoSignaler un abus

  3. caro  13 avril 2009 à 14 h 03 min

    je suis professeure de lettres classiques et je trouve que ce projet est inacceptable : je tiens à ma "trivalence" : français, latin et grec. Je veux pouvoir enseigner ces trois disciplines et surtout, je veux que les futurs élèves aient la possibilité de suivre ces enseignements si riches et formateurs à bien des égards.
    Cette réforme n’est-elle pas un nouveau moyen de supprimer l’enseignement des lettres classiques à terme, et surtout du grec ancien ? Signaler un abus

  4. Flavie  14 avril 2009 à 11 h 05 min

    et pourquoi ne pas tout bonnement supprimer la culture, hein ? à quoi ça sert la culture de toute façon ? pas de lettres, pas de philo, pas de latin, pas de grec, pas de poésie, pas de théâtre… ça sert à rien, on vous dit !!Signaler un abus

  5. Stéphane Feye  27 février 2010 à 0 h 51 min

    L’idéal, ce serait de recréer une école où les langues classiques soient parlées. C’est ce que j’ai fait avec succès. 70 jeunes parlent le latin couramment.Signaler un abus

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