Concours général : le regard des chefs d’établissement

Avoir formé un lauréat du Concours général constitue une fierté pour tout chef d'établissement. Les retombées pour son lycée ne peuvent, en outre, être que bénéfiques. Comment les proviseurs conçoivent-ils leur rôle dans la préparation du concours ? Comment en utilisent-ils les résultats ? Témoignages croisés.

Au cœur de la Drôme, le lycée professionnel hôtelier de Tain-l’Hermitage accueille 345 apprentis cuisiniers, barmen, traiteurs ou serveurs. En 2007, deux d’entre eux sont arrivés deuxième et troisième du Concours général. Quelques années plus tôt, un sommelier en devenir avait également été récompensé. Toujours en 2007, l’un des 1800 élèves du lycée Louis Feuillade, à Lunel, près de Montpellier, a obtenu le premier prix en mathématiques.

Des effets en interne

Evelyne Mesure, proviseure du lycée de l’Hermitage depuis trois ans, ne peut que se féliciter des effets constatés à l’intérieur de son établissement : « C’est toujours un événement d’autant que, suivant les promotions, les élèves sont très différents. L’année dernière, personne n’a voulu être candidat. Cette année, nous en présentons dix, et il a fallu organiser une sélection interne pour départager tous les postulants ! » L’émulation a donc joué pleinement cette année, mais, même quand les candidats sont moins nombreux, décrocher un lauréat enclenche toujours une spirale positive. « Les enseignants éprouvent une réelle fierté à pouvoir amener l’un de leurs élèves à ce niveau, et les camarades de classe du lauréat savent qu’ils ont participé à l’entraînement du copain qui a réussi. » Ce courant bénéfique, Bruno Delong, proviseur adjoint du lycée Feuillade, l’a aussi constaté.

Deux niveaux d’intervention

Un résultat d’autant plus apprécié qu’il avait lui-même sélectionné le candidat. Bruno Dulong intervient en effet directement dans le choix des postulants. C’est même lui qui tranche en dernier ressort. « Je connais bien les élèves et prends mes décisions en concertation avec l’équipe enseignante. Ensuite, c’est le professeur de la matière concernée qui prend l’élève en charge. » Evelyne Mesure, elle, ne souhaite pas s’immiscer dans la sélection. « Je n’ai pas de formation hôtelière. Je laisse donc les enseignants assurer le choix, la préparation et le coaching des candidats. Mon rôle est plus de leur faciliter la tâche, en mettant à leur disposition les installations qui leur permettront par exemple de s’entraîner en cuisine.» Dans tous les cas, le premier critère retenu reste le niveau. Les élèves présentés ont, en général, entre 19 et 20 de moyenne dans la discipline où ils concourent. Encore faut-il parvenir à ce résultat avec facilité, ajoute Bruno Dulong : « Si un élève doit consentir énormément de travail pour atteindre ce niveau, il sera en difficulté au Concours général, qui va beaucoup plus loin que le travail effectué en classe. »

Des retombées valorisantes

C’est aussi pour cette raison qu’y briller entraîne autant de retombées. « Ces excellents élèves y trouvent l’une des premières occasions de se confronter à d’autres, du même niveau qu’eux. Cela les prépare aux concours qu’ils passeront ensuite pour mener des études supérieures pointues et intégrer des écoles huppées. » Et les conséquences sont aussi fortes pour l’établissement. Dans la foulée du prix décroché il y a deux ans, le lycée Louis Feuillade a reçu pour la première fois la documentation du prestigieux lycée Henri IV. « C’est d’autant plus important que nous ne nous situons pas sur un secteur très favorisé. Les deux principaux collèges d’où viennent nos élèves sont plutôt difficiles. L’un d’eux est même classé en ZEP. »

Les résultats au concours général font également partie des éléments utilisés par Evelyne Mesure pour valoriser l’image de son lycée. « Notre établissement a une excellente réputation, et nous enregistrons en moyenne trois demandes d’inscription pour une place disponible. Le concours général fait partie de mes outils de communication, au même titre que notre ouverture vers les collégiens : nous en accueillons chaque année 250 en mini stage ». 

                                                                    Patrick Lallemant

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