Les évolutions récentes du dossier de la réforme de la formation des enseignants

Quinze jours décisifs. Après sa rencontre avec François Fillon mercredi dernier, la Conférence des Présidents d’Université a diffusé un communiqué dans lequel elle dit « qu’elle a constaté que des ouvertures réelles existaient. ». Dans un article intitulé « Grandes manœuvres pour officialiser le recul », mis en ligne le soir même sur son site Interro écrite, le journaliste du Monde, Luc Cédelle, y voit l’annonce des reculs à venir sur le front de la réforme de la formation des maîtres .

Quinze jours décisifs
Après sa rencontre avec François Fillon mercredi dernier, la Conférence des Présidents d’Université a diffusé un communiqué dans lequel elle dit « qu’elle a constaté que des ouvertures réelles existaient. ». Dans un article intitulé « Grandes manœuvres pour officialiser le recul », mis en ligne le soir même sur son site Interro écrite, le journaliste du Monde, Luc Cédelle, y voit l’annonce des reculs à venir sur le front de la réforme de la formation des maîtres . Comme on aimerait que Luc Cédelle ait raison ! Or, quand on analyse chacun des trois points du communiqué de la CPU : « installation très rapide d’une commission nationale de suivi, formation complémentaire lors de l’année de stage, caractère expérimental des maquettes 2009 et possibilité ouverte de dépôt en 2010 », et en s’en tenant aux seuls éléments connus, il semble qu’on doive conclure beaucoup plus prudemment. A priori, il n’est pas question de différer la mise en place des nouveaux concours en 2011. Il n’y a donc ici aucun signe qui permette de penser que le gouvernement renonce à appliquer la réforme dans les délais prévus initialement, ce qui serait le recul le plus significatif.
La « commission nationale de suivi » : authentique concession ou placebo ?
Sur le premier point, le principe d’une commission de suivi fait partie de la réforme depuis le début. Il avait déjà été affirmé dans un communiqué commun des deux ministères le 15 janvier. Je cite : « La commission nationale d’évaluation de la formation des maîtres assurera le suivi de la mise en oeuvre de cette réforme. » Il est donc difficile d’y voir une concession de fond.
« Alternance » ou « formation complémentaire » ?
Sur le deuxième point, il faut attendre des précisions. Car tout dépend de l’ampleur du « complément de formation ». Entre un demi service sur l’année et 3 heures par semaine le mercredi après-midi, il y a une différence. La CPU réclamait « une première année de fonctionnaire stagiaire pour les reçus au concours, reposant sur le principe de l’alternance ». On pourrait vraiment parler d’alternance dans le premier cas, pas dans le second. On voit bien aussi les enjeux budgétaires : le demi service coûterait 8 000 postes environ, les 3 h du mercredi après-midi, quelques heures de formateurs… On espère que la CPU n’a pas donné son aval à la seconde solution.
Le caractère expérimental des maquettes 2009 et le dépôt ouvert jusqu’en 2010…
C’est ce qui fonde, pour l’essentiel, l’interprétation de Luc Cédelle : le transitoire et l’expérimental, ce n’est plus l’intangible. Mais, pour l’heure, une autre interprétation ne peut malheureusement pas être écartée : a priori, le gouvernement souhaite la mise en œuvre des nouveaux concours dès 2010 […].

Les quinze prochains jours seront décisifs. La rencontre de la CPU avec Xavier Darcos est très attendue. S’il annonce le report en 2011 des nouveaux concours, cela marquerait vraiment le recul espéré. Cette rencontre aura lieu avant le jeudi 5 mars. Ce jour-là, la CPU se réunira en séance plénière pour tirer les conclusions de ses discussions avec le gouvernement. De son côté, le gouvernement ne peut guère attendre au-delà du 15 mars pour faire connaître les projets de décrets instituant les nouveaux concours. En effet, il ne peut pas laisser moins de deux semaines aux universités pour ajuster leurs projets de masters et les déposer sur le bureau de Mme Pécresse avant le 31 mars, délai ultime. Mais il ne passera à la phase réglementaire que s’il sent une mobilisation descendante et s’il est à peu près certain de ne pas avoir à abroger les décrets un mois après les avoir promulgués. La hantise du gouvernement, en effet, c’est le scénario noir d’une jonction entre la mobilisation des personnels des universités et des IUFM, les inquiétudes des étudiants, l’exaspération des enseignants du premier degré et la colère qui monte chez les salariés. Jusqu’au 19 mars, il sera donc très attentif au nombre de personnes dans les AG, au nombre de grévistes et de manifestants.

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