‘Vie du Lettré’ : un livre qui décrypte un mode de vie très spécial

C’est une lecture fort originale qui vous attend lorsque vous ouvrirez les premières pages du livre de William Marx, Vie du lettré (éditions de Minuit, en librairie le 5 mars). L’auteur, lui-même brillant universitaire, y décrit le mode de vie très particulier de ceux que l’on appelle les « lettrés »…

Les lettrés, ceux qui ne se consacrent qu’aux livres et à l’écriture, écrivains, poètes, philosophes, universitaires, ont un mode de vie très particulier, car comme le signale d’emblée le préambule du livre, « faire des lettres le but principal d’une vie relève, à bien des égards, de l’extraordinaire, sinon de la pathologie ».
Mais pour commencer, à quoi ressemble le lettré ? Dans le chapitre intitulé « Le Corps », William Marx le décrit de façon hilarante. Le lettré a deux corps : le corps restreint –son corps basique- et le corps étendu- il rayonne, même une fois disparu, par ses œuvres. Or « le corps étendu et le corps restreint du lettré sont liés par un rapport d’opposition : l’un est aussi chétif que l’autre est vigoureux ».
Non sans humour, l’auteur note que « si le corps restreint du lettré reflétait la réalité de son corps étendu, les bibliothèques seraient fréquentées par des armées de champions de basket et de saut en hauteur ». Alors parfois l’étude peut être un refuge…
Et sa maison ? Elle est spéciale aussi : dans le chapitre « La maison », William Marx se demande « quel lieu pourra contenir cette maison », car « le monde n’y suffirait pas ». Plus embêtant : « non plus que les anges le lettré n’a de sexe » (p89), et il souffre d’une mélancolie incurable, car elle est « moins la maladie du lettré que sa nature ».(p108) Son caractère n’est par ailleurs pas des plus commodes ! Comme « le respect humain ne tient pas devant celui des livres » (p129), le lettré ne se montre pas forcément très amical…
Le livre de William Marx, truffé d’anecdotes -on apprend ainsi que Kant était fou de cabillaud et de moutarde dans le chapitre « La nourriture »- est subtil tout en étant amusant. Mais au fait, l’auteur, normalien, professeur de littérature française et comparée à l’université d’Orléans et membre de l’Institut universitaire de France, ne serait-il pas par hasard un peu aussi un lettré… ?

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