Patrick Gérard : expliquer et mettre en oeuvre

Recteur de l’académie et chancelier des universités de Paris depuis la fin de l’année dernière, Patrick Gérard aime convaincre. Il entend désormais mettre sa force de persuasion au service de la réforme du système éducatif.

« Quand je suis entré à l’université en 1974, j’y ai découvert une matière que je ne connaissais pas, le droit. J’y ai également trouvé une liberté, des méthodes de travail et un mode de transmission des connaissances nouveaux, qui m’ont beaucoup plu ». Si Patrick Gérard avoue avoir aimé cette année 1974, c’est aussi parce que le jeune homme de 17 ans qu’il est alors voit l’âge de la majorité abaissé à 18 ans, et qu’il a très vite la certitude d’avoir trouvé sa voie. « Depuis le début de mon adolescence, tout ce qui touchait au fonctionnement de l’État et du système politique m’intéressait beaucoup. Je ne sais pas si j’avais l’intention de faire de la politique ou pas, mais ces sujets m’attiraient.»

Une première expérience

Une impressionnante liste de diplômes en poche, Patrick Gérard commence donc sa vie professionnelle en faisant partager sa passion, comme assistant en droit d’abord, puis en tant que maître de conférences et, à partir de 1992, professeur des universités. Deux ans plus tard il prend un premier virage en devenant recteur de l’académie d’Orléans-Tours. « À 36 ans, j’ai abordé ce poste avec un peu d’appréhension. Mais j’ai trouvé passionnant de découvrir une académie, avec ses écoles rurales, qui m’ont amené dans un univers que je connaissais mal. » Le jeune recteur essaie alors de mobiliser les enseignants sur des projets, de nouer des relations avec les élus, de faire travailler ensemble les universités d’Orléans et Tours, plutôt rivales… Une expérience qu’il renouvellera quelques années plus tard à l’académie de Bordeaux.

L’engagement politique

Parallèlement à sa vie d’universitaire, Patrick Gérard entame une carrière politique dès le début des années 80. Il la commence comme conseiller municipal à Nancy, dans sa Lorraine d’origine, avant de devenir conseiller, puis adjoint au maire de Vincennes. En 1996, il gravit une nouvelle marche et s’installe dans le fauteuil de maire. « Réélu en 2001, j’ai quitté mon poste en 2002 pour reprendre des fonctions dans l’Éducation nationale. Mais être maire constitue une excellente école et permet d’analyser le comportement des gens. J’y ai aussi compris que le pouvoir, quel qu’il soit, doit d’abord servir à modifier concrètement la vie des individus. » Suivent alors un an à la Direction de l’enseignement scolaire, puis un an et demi à la tête du cabinet du ministre de l’Éducation de l’époque, Gilles de Robien.

Nommé conseiller d’État, Patrick Gérard retourne à ses premières amours, le droit public, puis est appelé en 2007 comme directeur du cabinet de la garde des Sceaux au ministère de la Justice. « Organisation judiciaire, protection de la jeunesse, univers des magistrats et des avocats, importance du sujet difficile qu’est celui des prisons… Je me suis plongé dans un monde où toutes les décisions ont des conséquences humaines immédiates. »

Une académie unique

Depuis le 15 décembre dernier, Patrick Gérard a retrouvé « un métier » qui le passionne. « Sans l’expérience d’Orléans et Bordeaux, je ne sais pas si j’aurais accepté, même si l’académie de Paris est, bien sûr, très différente ». Pratiquement autant d’étudiants que d’élèves des écoles, collèges ou lycées, 1225 employés répartis sur les deux sites de Gambetta et de la Sorbonne, les spécificités ne manquent effectivement pas. « Avoir déjà été recteur me permet d’aller plus vite au fond des problèmes. Cela m’a aussi confirmé l’importance de faire attention à la situation des personnes, et en particulier des enseignants. » D’autant que la période est agitée, ce qui n’effraie pas Patrick Gérard, chargé en tant que représentant des ministres1 sur le terrain d’appliquer la politique du gouvernement : « Je suis convaincu que le système éducatif, de la maternelle à l’enseignement supérieur, a besoin d’être modernisé. Ma priorité sera donc d’expliquer pourquoi on fait les choses. Si on évalue les élèves de CM2 en janvier, c’est pour pouvoir aider ceux qui éprouvent des difficultés. Les évaluer en fin d’année reviendrait à rétablir un examen d’entrée en 6ème ! Il y a des choses aussi simples que celles-là à dire. »

Patrick Lallemant

(1) Ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche

Patrick Gérard en cinq dates

1974 : entre à l’université
1994 : premier poste de recteur, dans l’académie d’Orléans-Tours
1996 : est élu maire de Vincennes
2004 : devient directeur de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation
2008 : nommé recteur de l’Académie de Paris

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