Tenue de classe : les cours ont commencé

Depuis le 12 janvier, Sébastien Clerc, professeur de français et d’histoire au lycée professionnel Jean Moulin, au Blanc-Mesnil, anime des ateliers de tenue de classe destinés à des enseignants débutants de l’académie de Créteil.

C’est dans le froid qu’un groupe de trente jeunes enseignants arrive, le matin du lundi 12 janvier, au rectorat de l’académie de Créteil. Titulaires depuis la rentrée dernière, ils viennent y suivre une formation à la tenue de classe, animée par un collègue à peine plus âgé qu’eux. Parmi les stagiaires, Margaux*, professeur de SVT dans un collège de Pierrefitte-sur-Seine.

Pas dans la formation

« Je n’ai pas connu de difficulté particulière depuis le début de l’année. Mais j’avais conscience d’avoir besoin de conseils. D’autant que ce domaine n’est pratiquement pas abordé dans le cadre de la formation des enseignants. » Formée en province avant d’être nommée en Seine-St-Denis, Margaux y a découvert une tout autre réalité, à laquelle elle a trouvé ses propres réponses. « Sans prétention, j’ai le sentiment que mes réactions spontanées allaient plutôt dans le bon sens. Mais cette formation m’a permis de comprendre pourquoi. Et puis, je me suis rendu compte que je commettais quand même quelques maladresses. »

Les erreurs à ne pas commettre

Pendant six heures, Sébastien Clerc multiplie en effet les conseils pratiques, tirés du souvenir de ses débuts difficiles. « J’ai livré le résultat de ma propre expérience, enrichie d’interviews de collègues expérimentés qui évoquent différentes situations de cours. » Le constat est simple : construire un cours captivant, dont l’entame accroche les élèves et s’appuie sur leurs questions, est nécessaire, mais pas suffisant. Car certains détails peuvent transformer une classe en arène. « La gestion de l’autorité s’appuie sur des petits riens. La position du professeur dans la classe, par exemple, est fondamentale. Se déplacer sans arrêt énerve les élèves et vous amène à sortir du champ de vision d’une partie d’entre eux. Il y a donc des endroits et des déplacements stratégiques ! La construction du plan de classe est également prépondérante. Placer les élèves bavards en colonnes leur imposera de se retourner pour discuter et leur compliquera la tâche. »

A bannir aussi toutes les répliques « cul de sac », ou qui remettent en cause l’éducation reçue par les élèves, et qui mènent automatiquement au clash. « Si vous demandez à un jeune comment il a été élevé, vous mettez ses parents en cause. Si vous lui demandez de faire honneur à l’éducation que lui ont donnée ses parents, la réaction sera complètement différente. »

Une application immédiate

L’après-midi devait être consacrée à des échanges, à partir de cas proposés par les stagiaires. Mais le temps a manqué. « C’est le seul petit reproche que je formulerais », admet Margaux. « Mais la formation s’est quand même avérée très intéressante, la meilleure que j’aie reçue à ce jour, et la plus utile. De plus, Sébastien Clerc la dispense avec humilité. Il ne prétend pas détenir de solution. Il souhaite juste nous faire profiter de son expérience. »

Depuis le 12 janvier, la jeune enseignante s’efforce d’appliquer les conseils qu’elle a reçus. « J’ai notamment pris l’habitude de soigner l’entrée en classe et de ne plus faire l’appel dans la foulée, mais de commencer le cours immédiatement. J’ai aussi appris à économiser ma voix, en étant capable de m’exprimer par gestes. Et ça fonctionne plutôt bien ! »

*Le prénom a été changé à sa demande

                                                                       Patrick Lallemant

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