Bientôt des classes préparatoires à l’université ?

Ce n’est plus une utopie. Valérie Pécresse a en effet fait des propositions en ce sens ce week-end et un projet concret va voir le jour en Bretagne.

Samedi dernier, lors du congrès de l’APLCPGE (Association des proviseurs de lycées à classes préparatoires) Valérie Pécresse s’est clairement exprimée en faveur de la création de classes préparatoires aux grandes écoles dans les universités. La ministre souhaite que les étudiants puissent « passer d’un système à l’autre » sans encombres. « L’ultra sélection à 18 ans est l’une des failles de notre système. Il faut permettre les rattrapages, les parcours mixtes » a-t-elle ainsi déclaré. Elle prend soin d’ajouter en même temps que « ces nouvelles classes préparatoires ne fragiliseront pas les CPGE des lycées, dans la mesure où ces dernières ont fait leurs preuves, et devraient connaître une forte progression de leur nombre d’étudiants dans les prochaines années ». (Source AEF)

Des classes prépa spécifiques

Les classes préparatoires intégrées aux universités seront donc différentes, et adaptées au contexte dans lesquelles elles seront créées. Par exemple, indique la ministre, une classe préparatoire à l’université pourra « mener à des formations de type bac+3, avec une sélection progressive et des modules de préparation au concours ». La formule retenue ne sera pas celle de la classe préparatoire de lycée, où tout se concentre sur une année ou deux avant le concours. Il faut noter que les propositions de la ministre sont fortement inspirées du rapport de Christian Philip, rendu le 7 novembre dernier, qui avait été mandaté par elle pour réfléchir à des mesures de rapprochement entre universités et grandes écoles. Quelles pistes contient-il ?

Co-tutelle



Outre la souplesse de ces nouvelles classes préparatoires, fonction de leur environnement, elles devront aussi donner aux élèves une formation « plus large » que la seule préparation d’un concours, et « créer un premier lien » avec la recherche. Christian Philip propose donc que tous les professeurs de CPGE soient des docteurs. Il envisage aussi la mise en place de la co-tutelle systématique d’établissements qui ne sont pas à ce jour du ressort du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ainsi, par exemple, Polytechnique, qui dépend du ministère de la Défense, dépendrait aussi du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Pour les étudiants, il serait ainsi beaucoup plus simple de passer d’un cursus à l’autre. Le rapport Philip préconise en ce sens de développer des formations communes aux écoles et aux universités, dans le cadre de co-masters. Et parallèlement, du côté enseignant, la mise en place « d’obligations de services partagés, dans le cadre de formations communes » entre écoles et universités. (Source AEF)



Ouverture de la première classe prépa à l’université


Concrètement, sur le terrain, dès septembre prochain, la toute première classe préparatoire à l’université ouvrira ses portes à l’université de Bretagne-Sud. Son président, Eric Martin, l’a en effet annoncé lors de la cérémonie des vœux de janvier (Source Le Télégramme Morbihan, 15/01/09). Il a donné quelques éléments plus précis quant à la structure de cette classe prépa : « Elle sera ouverte aux bacheliers de STG (sciences et technologies de la gestion) et sera exclusivement une prépa en sciences économiques option technologies ». Il indique aussi attendre une vingtaine d’inscrits pour la première année.
Une nouvelle ère plus démocratique s’ouvrirait-elle alors pour les classes préparatoires aux grandes écoles ?

Partagez l'article

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.