À quel moment le passage à l’autonomie élargie est-il devenu une priorité pour l’université de La Rochelle ?

Ce choix s’inscrit dans une volonté globale de donner de La Rochelle l’image d’une université dynamique et réactive. Cette orientation stratégique s’est profilée au début de l’été 2006 à l’issue d’un séminaire présidentiel au cours duquel nous avons tenté de dégager les points forts et les faiblesses de notre université et décidé de faire de sa petite taille un atout pour l’avenir. En 2007, lorsque la loi LRU4 a été votée et que la possibilité pour certains établissements volontaires d’accéder à l’autonomie budgétaire « rapidement » a été évoquée, nous avons compris que l’occasion nous était donnée de prouver notre capacité à nous adapter. Très logiquement, le passage à l’autonomie élargie est devenu l’élément central de notre politique d’établissement.

Mais précisément, quel était l’intérêt de demander à faire partie du peloton de tête ?

À notre mesure, attendre aurait été une erreur. Nous aspirons à figurer au premier plan dans le paysage universitaire français, à faire partie des vingt établissements5 de tête. Cela avec notre argument phare : la qualité plus que la quantité. Quand les audits ont été mis en place, nous étions déjà dans une démarche interne d’analyse qualité de nos services. Une expertise externe ne pouvait pas mieux tomber ! C’était une motivation supplémentaire pour nos équipes. Nous avons donc demandé à passer cet audit au printemps dernier, afin de mettre en place un plan de remédiation dans les plus brefs délais. Pas question pour nous de nous retrouver au pied du mur dans cinq ans6 et de subir une loi qu’il était possible d’anticiper.

Les universités pilotes ont été sélectionnées en fonction de quatre critères7, quels étaient les points forts de La Rochelle ?

Nous avons obtenu des notes excellentes dans les trois domaines où nous savions notre gestion particulièrement efficace, à savoir : les ressources humaines, le système d’information (intégré via le consortium cocktail) et l’immobilier. À l’inverse, il nous restait beaucoup à faire du côté des services financiers et de comptabilité. Un champ où toute faiblesse était rédhibitoire…Nous nous sommes servis des résultats de l’audit comme d’un cahier des charges et repris un à un les points défaillants. À la fin du mois de juin, 80% des préconisations étaient réalisées. En réexaminant notre dossier, le ministère a entendu nos efforts et accepté que La Rochelle fasse partie du premier convoi vers l’autonomie élargie.

Qu’attendez-vous de cette prise d’autonomie et comment vous-y préparez-vous ?

L’enjeu est le même pour toutes les universités : dégager des marges financières de la gestion de la masse salariale et, pour ce qui nous concerne, développer une politique de ressources humaines pour tous les personnels. Techniquement parlant, nous sommes dans une phase de transition alimentée par de nombreux échanges et négociations avec la DGES8. Ici, cette prise d’autonomie va de pair avec la mise en place de la fondation universitaire (également en accord avec la réforme des universités) dont l’existence officielle est envisagée pour le premier trimestre 2009. L’autonomie et la fondation s’inscrivent dans une logique globale de rapprocher l’université du monde de l’entreprise. 

                        Propos recueillis par Marie-Laure Maisonneuve

(1) Voir le site internet de l’Université 
(2) Aix-Marseille 2, Cergy-Pontoise, Clermont-Ferrand 1, Corte, Limoges, Lyon 1, Marne-la-Vallée, Montpellier 1, Mulhouse, Nancy 1, Paris 5, Paris 6, Paris 7, Saint-Étienne, Strasbourg 1, Strasbourg 2, Strasbourg 3, Toulouse 1 et l’université technologique de Troyes.
(3) Ancien responsable du conseil scientifique de l’université de La Rochelle, élu à la présidence le 21 avril 2008, succédant ainsi à Michel Pouyllau
(4) Loi relative aux libertés et responsabilités des universités
(5) Sur 85 universités
(6) Échéance à laquelle toutes les universités françaises devront passer à l’autonomie
(7) Les ressources humaines, les finances, le patrimoine et la gestion des systèmes d’information.
(8) Direction générale de l’enseignement supérieur