Quel avenir pour les Rased ?

Adoptés le 4 novembre dernier, les crédits de la mission enseignement scolaire pour 2009 prévoient la suppression de 3000 professeurs des écoles intervenant au sein des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). Gros plan sur ces réseaux et leur fonctionnement.

Créés en 1990, les Rased comptent 15.000 professionnels. Tous ont reçu une formation et un diplôme spécifiques pour lutter contre l’échec scolaire. Ils interviennent dans le primaire, en soutien des professeurs classiques pour aider tel ou tel élève en difficulté.

Trois formes d’intervention

Selon les textes officiels, la mission des personnels Rased est double : prévenir l’apparition de difficultés préjudiciables à la progression dans le cursus scolaire, et y remédier si ces difficultés existent déjà et s’avèrent durables.

Dans tous les cas, les aides prodiguées accompagnent et complètent les mesures prises par le maître de la classe et l’équipe pédagogique. Elles peuvent revêtir trois formes :

– A dominante pédagogique, lorsque les élèves manifestent des difficultés avérées à comprendre et à apprendre alors même que leurs capacités de travail mental sont satisfaisantes ;
– A dominante rééducative, quand il faut faire évoluer les rapports de l’enfant à l’exigence scolaire, instaurer ou restaurer son investissement scolaire ;
– A dominante psychologique, s’il faut favoriser l’émergence du désir d’apprendre et de s’investir dans la scolarité, le dépassement de la dévalorisation de soi née de difficultés persistantes ou d’échecs antérieurs.

Ces trois types d’interventions ne doivent pas être considérées comme autant de spécialisations cloisonnées

Trois catégories de personnels

Mises en œuvre dans la classe ou en dehors, dans le cadre d’un travail de groupe ou individuellement, ces aides font l’objet d’un projet écrit. Elles sont menées par 3000 psychologues scolaires et 11.500 enseignants, eux-mêmes répartis en deux catégories :
– les instituteurs ou professeurs des écoles spécialisés chargés d’aides spécialisées à dominante rééducative, titulaires du CAPSAIS (Certificat d’aptitude aux actions pédagogiques spécialisées pour l’adaptation et l’intégration scolaire) option G ;
– les instituteurs ou professeurs des écoles spécialisés chargés d’aides spécialisées à dominante pédagogique, titulaires du CAPSAIS option E. Les maîtres chargés des aides spécialisées assurent le même nombre d’heures hebdomadaires que leurs collègues titulaires d’une classe. Un temps de coordination et synthèse, équivalent en moyenne à trois heures par semaine, est inclus dans ce temps de service hebdomadaire. Des inquiétudes pour l’avenir Depuis toujours les membres des Réseaux dénoncent le manque de moyens. L’annonce de la réaffectation dans des classes ordinaires de 3000 postes de Rased, dans le cadre du budget 2009, les amène depuis plusieurs semaines à s’inquiéter pour leur avenir. Ils redoutent la suppression pure et simple des Rased à l’horizon 2012.

D’autant que Jean-Louis Nembrini s’est montré très critique à l’égard des Réseaux. Le directeur général de l’enseignement scolaire au ministère en dressait notamment un bilan négatif sur France Info. Pour lui, aucune amélioration des résultats n’a été enregistrée : « Il y a toujours 15% d’élèves en difficulté à la fin du CM2, malgré l’augmentation du nombre de personnels servant dans les Rased. Il faut donc croire que le dispositif n’est pas efficace ».

Lors de la présentation de son budget devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Education s’est voulu plus rassurant, évoquant une « expérimentation » d’un an et précisant : « Nous ne supprimons aucun poste de maître spécialisé. Pour une partie d’entre eux (…), nous les réaffectons dans des classes où nous avons besoin d’eux ». De leur côté, les enseignants veulent surtout se souvenir que le même Xavier Darcos avait promis, en annonçant l’an dernier sa réforme de l’école primaire, « de mettre le paquet pour [y] diviser par trois l’échec scolaire lourd » d’ici la fin de la législature. Ce à quoi le ministère répond par un chiffre : depuis septembre, 1 million d’élèves ont bénéficié des deux heures hebdomadaires d’aide personnalisée mises en place à la rentrée.

                                                  Patrick Lallemant

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