« Le Parlement doit désormais renoncer à la loi pour porter une appréciation sur l’histoire ». Tel est le sens des recommandations du rapport de la mission d’information sur les questions mémorielles publié hier.

Créée au printemps par le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), après la proposition de Nicolas Sarkozy de « confier la mémoire » d’un enfant victime de la Shoah à chaque élève de CM2, la mission a auditionné 69 historiens, sociologues, philosophes, enseignants…

Le rapport, intitulé « Rassembler la nation autour d’une mémoire partagée », ne remet pas en cause les lois déjà votées (loi Gayssot de 1990 sur le négationnisme ou loi Taubira de 2001 sur la reconnaissance de l’esclavage). Il préconise toutefois de ne plus légiférer sur l’histoire.

Le texte, adopté à l’unanimité, réaffirme par ailleurs la nécessité d’un « enseignement obligatoire » de l’histoire à l’école, tout en soulignant que le Parlement « n’a pas à outrepasser le domaine de la loi en prescrivant le contenu des programmes ». Il contredit ainsi Xavier Darcos, qui avait suggéré que « ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale », avant de se rétracter en refusant toute « ingérence du politique dans l’enseignement de l’histoire ».

Pour la mission, la classe doit constituer un lieu de « connaissance » plutôt que de « reconnaissance ». Elle suggère en outre la publication de « manuels communs d’histoire » entre Etats membres de l’UE.

Sources : AFP, le Monde, nouvelObs.com, l’Express, le Figaro, AP, Libération