Rentrée universitaire : impressions croisées

Rentrée universitaire : impressions croisées Peu de temps après la rentrée universitaire, deux maîtres de conférences, l'un titulaire depuis quelques semaines, l'autre plus aguerri, nous livrent leurs impressions.

« Cette évolution de statut me permet de me sentir plus à l’aise, plus solide. Pour la première fois, je peux développer des projets à plus long terme. » Après une dizaine d’années consacrées à enseigner sous divers statuts, Hervé Zénouda obtient l’an dernier son premier poste de maître de conférences en sciences de l’information et de la communication. Il passe son année de stage à l’institut Ingemedia, de l’université de Toulon, où il vient d’effectuer sa première rentrée comme titulaire, prenant en charge la responsabilité pédagogique de trois formations. « J’ai pu m’investir davantage dans la vie de l’Institut, être à l’initiative de la création d’enseignements plutôt que simple intervenant, répondant aux demandes d’une équipe. »

Une autre vie

Parisien d’origine, Hervé Zénouda a dû se construire une nouvelle vie sur les bords de la Méditerranée. « Le trac que j’ai pu ressentir à la rentrée venait surtout de là. J’ai dû intégrer une nouvelle structure, ce n’était pas forcément évident. Mais l’accueil que m’a réservé l’ensemble des professeurs m’y a bien aidé. » Comme il l’a aidé aussi à aborder ses premiers amphis. « J’avais une certaine expérience de l’enseignement, sur laquelle je me suis appuyé. » Mais, de son propre aveu, se retrouver en face de 150 ou 200 étudiants s’est révélé quand même plus impressionnant que de délivrer un cours théorique devant une vingtaine de personnes. « Je me suis juste efforcé de ne pas me poser trop de questions ! J’ai travaillé le contenu de mes cours, je les ai répétés, et je me suis jeté à l’eau. » Autre changement, le volume des cours magistraux a augmenté avec la titularisation. « Cela m’a demandé un travail supplémentaire, et occasionné un stress important. Mais je les ai préparés de la même façon que ceux que je donnais déjà auparavant. »

Le goût de la liberté

Des soucis que n’a plus Benoît d’Aiguillon. Après de nombreuses années en tant que vacataire, il est, depuis six ans, maître de conférences à l’université de la Méditerranée, où il donne des cours de droit et d’histoire des médias. L’expérience aidant, la préparation de ses interventions lui prend désormais moins longtemps. « La part puisée dans les livres ne représente plus aujourd’hui que 30% de mes cours. Pour le reste, je les actualise en temps réel, en lisant la presse et en effectuant une veille sur Internet. Il m’arrive aussi de glaner des informations dans les exposés ou les thèses de mes meilleurs étudiants ».

S’il n’enseignait pas, Benoît d’Aiguillon s’informerait d’ailleurs de la même façon, simplement poussé par son intérêt pour les sujets qu’il traite en amphi. « Je pense sincèrement que nous exerçons un métier formidable. Ce statut nous offre une grande indépendance, nous travaillons avec des gens d’un bon niveau, sur des thèmes qui nous passionnent. Avant mon parcours universitaire, j’ai exercé dans le privé, où j’ai même dirigé des structures. Et bien, je n’ai pas un regret ! » Tout au plus se borne-t-il à répéter le conseil qu’il a lui-même reçu à ses débuts : « Faire les choses avec enthousiasme, dans la bonne humeur, mais ne pas vouloir refaire le monde. Car, là, vous risquez d’être déçu. »

                                                         Patrick Lallemant

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