Stéphane Klein : quand un visage s’allume…

Après avoir enseigné les mathématiques pendant une douzaine d’années, Stéphane Klein a intégré le personnel de direction. Mais ses motivations et son enthousiasme n’ont pas changé.

« Pour moi, le bonheur d’enseigner se concentre dans le moment où le visage de l’élève s’éclaire, et où l’on sait qu’il a compris. Tout à coup, il n’a plus besoin de notre accompagnement. Il est prêt à prendre son envol. » C’est par amour des mathématiques que Stéphane Klein, seul enseignant de sa famille, est devenu professeur.

La boîte de conserve parfaite

Dès sa première affectation, au lycée François Mausart, à la Varenne St Hilaire, en région parisienne, il s’efforce de rendre sa matière plus accessible. « J’essayais de susciter la curiosité, à travers une mise en situation pratique, où les mathématiques apportaient des éléments de réponse. » Ainsi, pour évoquer la géométrie dans l’espace, le jeune prof va chercher ses exemples dans la vie de tous les jours, à l’image de ces boîtes de conserve alignées dans les rayons des supermarchés. « J’expliquais à mes élèves que la boîte de conserve est un objet mathématique, dont la forme et le volume ont été définis par calculs, qui entraient dans la démarche industrielle. » Cet instant magique, où un visage s’illumine, l’enseignant ne le connaît pourtant pas à chaque fois. « Heureusement, car ce serait trop simple. On sait très bien qu’il n’y a pas de recette, mais plusieurs parcours, plusieurs démarches, suivant chaque enseignant et chaque élève. C’est ce qui fait la richesse de ce métier. »

Continuer autrement

Après une douzaine d’années d’enseignement, Stéphane Klein décide de passer le concours de personnel de direction. « Je souhaitais contribuer à la modification du système éducatif. Je me suis donc investi dans son organisation. » A 38 ans, il est aujourd’hui proviseur adjoint du lycée Ribeaupierre, à Ribeauvillé, dans le département du Haut-Rhin. Et il avoue souffrir du regard porté sur l’Education nationale. « Cela nous frustre parfois. Et, depuis quelques mois, j’ai du mal à retrouver les valeurs de solidarité et d’échange qui ont suscité mon engagement. Mais, parmi les parents et les élèves, certains se rendent vraiment compte de notre engagement au quotidien. »

Des bacheliers pas comme les autres

Le meilleur souvenir de sa vie professionnelle, Stéphane Klein l’a vécu dans ses années d’enseignant, entre 2000 et 2001, à Mulhouse, avec une classe d’élèves qui avaient interrompu leur cursus scolaire. Dans le cadre d’un projet innovant retenu au niveau national, une équipe de profs avait décidé de leur offrir une seconde chance. « Nous nous sommes appuyés sur un dispositif qui existait déjà pour les sportifs de haut niveau. Nous leur avons épargné le redoublement de seconde. A partir d’un programme totalement reconstruit, ils ont suivi les enseignements de première pendant un an et demi, puis de terminale pendant la même durée. A l’issue de ces trois ans, les 21 élèves de la classe ont obtenu leur baccalauréat. »

Patrick Lallemant

Stéphane Klein en cinq dates

1990 : 1er poste d’enseignant, à La Varenne St Hilaire (94)
Octobre 1992 – août 1993 : service national. Mise en place d’ateliers pour le ré-apprentissage de la lecture et de l’écriture.
1994 : retour en Alsace. Membre du Conseil d’administration du Collège François Mauriac, à Wittenheim ( 68).
2001 : Amène une classe d’élèves qui avaient quitté l’école au baccalauréat
2004 : Est nommé proviseur adjoint du lycée Ribeaupierre, à Ribeauvillé

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