Jacques Daix : “réconcilier mes élèves avec leur image”

Professeur de construction, génie civil, et économie dans un LP rural du Gers, Jacques Daix se considère tout simplement comme un privilégié ! Même s’il avoue traverser parfois de vrais moments de souffrance.

« Aider mes élèves à s’insérer dans l’entreprise et dans la vie sociale. C’est ma principale motivation. Et, pour moi, le bonheur d’enseigner, c’est ça ». Jacques Daix a toujours eu un goût particulier pour l’éducation. Jeune, il anime ou encadre beaucoup de centres de vacances. Après son baccalauréat, il entame pourtant un tout autre itinéraire. Un DUT de génie civil en poche, il intègre l’entreprise Colas, leader mondial de la construction de routes. Il n’y passe que trois mois, marqués par « de très grosses journées, avec des rapports humains très forts. » Mais le virus de l’enseignement revient à la charge. « Une occasion s’est offerte pour un poste d’auxiliaire. Je n’ai pas hésité une minute ! »

Un long bail

Il passe ensuite avec succès, en 1978, le concours de professeur de lycée professionnel. Pendant sa formation, à l’Ecole normale d’apprentissage de Villeurbanne, l’homme du Cantal enseigne en banlieue lyonnaise, dans un établissement de Bron, « à une période où le climat social y était quand même un peu tendu. Ce n’était pas simple tous les jours, mais c’était très intéressant. Lyon, c’était pour moi la découverte d’un autre monde ! ». Pour sa première titularisation, Jacques Daix est nommé en 1980 au lycée le Garros, à Auch, dans le Gers. Après l’expérience lyonnaise, le poste lui paraît « très facile. Une petite ville, un public moins compliqué… C’est du plaisir ! » Au point que vingt-huit ans plus tard, il y enseigne toujours !

Un enseignement spécifique

En prise directe avec la vie professionnelle, Jacques Daix sait qu’il permet à ses élèves de trouver un métier. « Et quand, à la rentrée, je vois la liste de mes élèves, je ne peux pas m’empêcher de penser que j’ai formé l’oncle de l’un, qui a maintenant une entreprise à Castres, ou le père de l’autre… » Tout n’est pourtant pas toujours rose, et l’enseignement professionnel est encore, trop fréquemment, considéré comme une voie moins « noble ». « Je souffre quand je vois arriver des élèves avec l’idée qu’ils ne savent pas faire les choses, qu’ils ne sont pas bons. Leur scolarité a, pour la plupart, tué l’estime qu’ils avaient d’eux ».

Un autre public

Jacques Daix doit donc souvent commencer par réconcilier ses élèves avec leur image. « Cela peut prendre trois mois, parfois six… Et on n’y parvient pas toujours. C’est alors une frustration terrible. C’est très dur. Alors on se réconforte entre profs, en se disant qu’on a essayé ». Pour oublier ces difficultés et s’ouvrir de nouveaux horizons, Jacques Daix s’implique également beaucoup, depuis le milieu des années 80, dans la formation professionnelle des adultes. « Cela représente une autre ouverture, un autre regard sur le métier, une autre façon d’enseigner. Et j’ai également le plaisir d’y retrouver d’anciens élèves, en pleine évolution dans leur carrière ».

                                                                               Patrick Lallemant

Jacques Daix en cinq dates

1974 : Obtient son baccalauréat, série C.
1976 : Quitte l’entreprise Colas pour entrer dans l’enseignement.
1978 : Ecole normale d’apprentissage à Villeurbanne
1980 : Nommé à Auch, dans le Gers
1985 : S’implique dans la formation des adultes

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