Qui gère le recrutement des enseignants en Italie ?

Pour ce qui concerne l’enseignement public, c’est l’Etat. Ainsi qu’il est écrit dans l’article 97 de la constitution de 1948, les métiers de la fonction publique sont accessibles par concours dans le cadre établi par la loi… En fait, depuis de nombreuses années, il est possible de devenir enseignant par deux canaux différents, en fonction de la réussite au concours de recrutement. Ceux qui sont admis sont titularisés sur une partie des postes vacants. Les autres ont le droit de s’inscrire sur des listes d’attente, en disposant de la possibilité d’assurer des remplacements et de cumuler des points, ce qui leur permet de gagner des places dans le classement. En effet, un quota des postes vacants est attribué à ceux qui sont en tête de cette liste d’attente.

En quoi consistent ces concours ?

Ils comportent une partie écrite d’admissibilité et une partie orale d’admission. Les épreuves portent sur la matière spécifique que le candidat entend enseigner. En Italie, le nombre de postes d’enseignants (en primaire et en secondaire) se réduit comme peau de chagrin. Par conséquent, la sélection est rude. En temps ordinaire, il faudrait organiser une session tous les deux ans, mais l’épurement des listes d’aspirants rend cette organisation délicate… Pour réguler tout cela, la majorité de droite actuellement au gouvernement a proposé que ces concours ne soient plus organisés par le ministère de l’Education, mais par les établissements eux-mêmes, en fonction de leurs besoins. L’inscription à ces concours devrait être réservée aux enseignants non titulaires enregistrés dans des listes régionales d’habilitation. Mais ce n’est encore qu’une proposition de loi.

Comment s’articule la formation initiale des enseignants ?

Depuis 1998 la formation se déroule dans des écoles de spécialisation appelées « S.I.S. », l’équivalent des IUFM français. Pour intégrer ces structures, les étudiants doivent avoir un niveau licence, c’est-à-dire détenir une « laurea ». Les deux années d’habilitation sont axées sur la didactique, la pratique et l’expérimentation in situ. Au total, chaque étudiant passe cent quarante heures dans les classes aux côtés des titulaires. Cela fonctionne comme cela cette année encore, mais à partir de la rentrée prochaine, la formation de l’ensemble des enseignants sera exclusivement universitaire : pour les enseignants de l’école élémentaire, à la faculté des Sciences de l’éducation; pour ceux du secondaire, dans des cours de licence portant sur la discipline dans laquelle on veut obtenir l’habilitation.

Quels sont les grands axes de cette formation ?

Les trois premières années de la formation universitaire sont très magistrales. On travaille les contenus disciplinaires (philosophie, lettres, mathématiques, chimie…). Avec la réforme en cours, à la fin du premier cycle de trois ans, les étudiants pourront choisir de consacrer leurs deux années suivantes soit à la recherche, soit à la formation pour l’enseignement secondaire. On entend actuellement beaucoup de choses sur le contenu, le déroulement et l’évaluation de cette nouvelle formation universitaire. J’espère pour ma part qu’elle ne se fera pas en rupture avec le milieu scolaire.

Propos recueillis par Marie-Laure Maisonneuve