Nathalie Albou : “Je voulais me réaliser dans mon métier”

Après 15 ans passés à enseigner, Nathalie Albou a quitté le cocon de l’Education nationale pour se lancer dans le coaching et les relations humaines.

« Je n’ai jamais eu de vocation pour l’enseignement, mais tout ce qui était littéraire me passionnait. Je n’ai donc pas choisi un métier, mais des études. Je me suis ensuite retrouvée dans un engrenage. » C’est quand Nathalie Albou arrive à l’Ecole Normale Supérieure que la machine se met en route. « Au départ, je voulais mener d’autres études en parallèle, mais je n’en ai pas eu le courage. En 3ème année, j’ai décroché l’agrégation du premier coup, l’année suivante j’entamais mon DEA. Au même moment est née ma fille aînée. Je me suis payé le luxe de ne jamais m’inquiéter pour mon avenir… » Et Nathalie Albou se retrouve ainsi prof, à son corps défendant.

Un parcours sinueux

Nous sommes à la fin des années 80, et la jeune mère de famille s’installe dans un fauteuil de professeur AND (Ancien normalien doctorant). Elle enseigne pendant 3 ans à l’université de Paris X. A l’issue de cette période, comme le prévoyait son statut, on lui propose un autre poste universitaire. Mais il est beaucoup moins bien payé. Elle le refuse et commence un parcours riche en méandres et en expériences plus ou moins heureuses : 1 an de stage à l’IUFM de Paris, 2 ans -difficiles – dans un lycée technique de Créteil, 5 ans – épanouissants – dans un lycée d’enseignement général du Val de Marne, puis retour à l’IUFM pour un remplacement d’un an, mais comme prof, cette fois.

C’est sans doute là qu’achève de se consommer le divorce entre Nathalie Albou et l’Education nationale. « Ça s’est bien passé, j’avais affaire à des étudiants motivés, qui ont en général obtenu de bons résultats au concours. Mais on m’a refusé un poste définitif, au prétexte que ni mon style ni mes idées ne collaient avec l’IUFM. » Elle comprend alors qu’il est temps de passer à autre chose.

Le virage libérateur

Entre temps, à l’occasion d’une conversation de vacances, Nathalie Albou a découvert le coaching. Convaincue qu’elle a enfin trouvé sa voie, elle accepte un poste de remplaçante, qui la mènera dans un lycée technique de Paris, puis dans des établissements de Cergy-Pontoise et de Saint-Cloud. Parallèlement, elle commence sa formation de coach dans un cabinet spécialisé. « Les débuts ont été difficiles, car je venais d’un univers complètement étranger à la réalité du monde économique. Quand vous êtes enseignant, vous savez à peine ce qu’est une entreprise ! » La reconversion prendra trois ans et mènera Nathalie Albou de différents cabinets parisiens jusqu’aux Etats-Unis. Elle aboutit à la création, il y a deux ans, de sa propre structure, « Cap_21 Conseil en ressources humaines ». « Mon métier se partage désormais entre le conseil individuel et la mise en place de formations sur mesure pour tout ce qui touche au management des grandes entreprises ou des grosses PME. Depuis que j’ai changé d’orientation, je savoure ma liberté retrouvée. J’ai une pêche d’enfer et l’impression d’être chaque jour en vacances ! »

Deux lignes dans un CV

Nathalie Albou ne sait pas si elle regrette ou non son passage dans l’Education. Elle éprouve parfois le sentiment d’avoir perdu vingt ans mais tempère aussitôt ce jugement. « Les techniques de formation et d’animation acquise dans mes classes me sont utiles aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas l’enseignement qui me déplaisait, ni les élèves, mais l’environnement, qui vous emprisonne. » Pour le reste, de ses quinze ans de prof, il ne reste plus que deux lignes dans un curriculum vitæ. Et un souvenir quand même un peu douloureux. « C’est une période où je n’ai pas eu l’impression d’être utile. J’en ai d’ailleurs beaucoup souffert. J’avais l’impression de n’être qu’un pion sur un échiquier, géré au barème, complètement coupé de la société. »


                                                                               Patrick Lallemant

Nathalie Albou en cinq dates

1987 : obtient l’agrégation de Lettres modernes
1998 : devient formatrice à l’IUFM
2000 : entame une formation au coaching
2003 : intègre un groupe américain et termine sa formation aux Etats-Unis
2006 : crée le cabinet « CAP_21 Conseil en ressources humaines »

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