Pour le SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, suite à l’assouplissement de la carte scolaire, qui permet désormais à toutes les familles de choisir leur établissement, les établissements les plus cotés se remplissent, tandis que les autres se vident.
De surcroît, ce sont les familles aisées qui demandent le plus de dérogations, non les familles défavorisées, qui ont peu tendance à changer de secteur.
Voilà pour le premier bilan, deux ans après la mise en place de la réforme du système.

Agnès Van Zanten, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l’éducation, fait le même constat dans le Figaro (02/09).

Elle va plus loin dans l’analyse, en notant que ce sont « surtout les familles de classe moyenne, comme les enseignants, les journalistes, qui accordent une grande importance à la scolarité de leur enfant ». Elle souligne néanmoins un des points positifs de la réforme: celle-ci accorde la priorité aux demandes de dérogations des boursiers. Ainsi, lorsque les familles défavorisées ont des enfants bons élèves et qu’elles « ont conscience alors de l’intérêt pour leur enfant d’être dans un meilleur établissement », elles peuvent désormais « obtenir plus facilement des dérogations ».

A terme cependant, s’inquiète la spécialiste, le risque est grand de voir les établissements défavorsiés « décapités », sans « tête de classe » puisque les meilleurs s’en iront. Et parallèlement, les chefs des établissements très demandés auront de plus en plus la possiblité de trier les élèves.

Alors quelle solution adopter ? Le système de la carte scolaire rigide d’avant 2007 n’était pas le bon, mais apparemment celui de la carte scolaire assouplie ne fonctionne pas bien non plus.

Agnès Van Zanten suggère de s’inspirer du modèle londonien, selon lequel chaque établissement se doit de scolariser 1/3 de bons élèves, 1/3 de moyens, 1/3 de mauvais.

Peut-être une piste à explorer ?