Insertion professionnelle : l’université de Provence, une pionnière

La prise en compte de la vie professionnelle au sein des universités est de plus en plus importante. L’université de Provence (Aix-Marseille1) est une des premières en France à avoir ouvert un bureau d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants*. Quelques mois après sa création, le professeur Evelyne Marchetti-Gauthier, qui le dirige, fait le point avec nous.

Vous dirigez le BAIPE de l’université de l’université de Provence. Pouvez-vous nous dire précisément quelle est votre fonction et votre mission ?

Je suis professeur de physiologie, mon laboratoire est spécialisé dans l’étude des processus de mémorisation chez l’homme, et je suis aussi responsable du service d’information, d’orientation et d’insertion professionnelle des étudiants de l’université, et du BAIPE -qui fait partie intégrante du SUIO.

Vous menez de front les deux activités ?

Oui, sans oublier la recherche !

Le service d’orientation d’une université est-il souvent dirigé par un enseignant-chercheur ? Cela fait-il partie de ses missions ?

Jusqu’à présent, le service d’information et d’orientation de chaque université était dirigé soit par un enseignant-chercheur soit par un personnel IATOS, de niveau ingénieur. Mais ce qui est nouveau dans le cadre de la loi sur l’autonomie des universités, c’est que l’insertion professionnelle devient une mission à part entière de l’université, à côté de la formation et de la recherche. Un bureau spécial pour l’insertion professionnelle, le BAIPE, a été créé dans notre université. C’est un des tous premiers en France, et il a ouvert ses portes en janvier dernier.

Comment s’intègre-t-il au service d’orientation que vous dirigez ?

Le BAIPE est inséré dans ses locaux, et fait partie du service, mais il travaille de plus directement avec le président de l’université et le vice-président de la vie étudiante. Il a ainsi plus de réactivité.

A qui s’adresse l’aide que vous apportez ? Tous les diplômes et toutes les filières sont-ils concernés ?

Le BAIPE s’occupe de l’insertion professionnelle des néo-bacheliers jusqu’au master. Après le master, ce sont les écoles doctorales qui prennent en charge les docteurs. Le gros souci pour nous, c’est l’insertion professionnelle des bac+3. Car les jeunes qui ont des masters ont un taux d’insertion plus important. Toutes les filières sont par ailleurs concernées. Notre travail comporte deux aspects : tout d’abord les stages. Nous aidons les bac+3 à en trouver, dans un contexte régional. Nous aurons un retour d’ici la fin de l’année, pour savoir si les jeunes en stage ont finalement été intégrés dans l’entreprise. Cela est le second aspect de notre travail : aider à ce que le stage débouche sur un emploi. Nous allons également organiser en novembre un forum-emploi pour mettre en relation les étudiants directement avec les entreprises.

A côté de structures telles que le BAIPE, l’aide à l’orientation peut se trouver aussi auprès des enseignants-chercheurs, puisque cela est clairement inscrit dans leur mission (voir loi sur l’autonomie des universités citée plus haut). Mais est-ce que pour le moment, beaucoup s’y investissent ?

La mission première de l’enseignant-chercheur, c’est d’assurer 192h d’enseignement, et de consacrer le reste du temps à la recherche. Or jusqu’à présent, les critères d’évaluation de l’universitaire reposaient uniquement sur l’activité de recherche et le nombre d’écrits à l’année. La qualité de l’enseignement n’est pas prise en compte. Et malgré la redéfinition de sa mission, le temps que l’enseignant-chercheur passe à aider les étudiants dans l’orientation et l’insertion professionnelle n’est absolument pas pris en compte dans sa carrière. Cela ne l’incite guère à s’y consacrer.

Cela ne pose-t-il pas problème dans votre université et plus précisément pour le BAIPE ?

Si, en effet ! Pour présenter les divers parcours professionnels aux étudiants, nous avons besoin de l’intervention des enseignants, spécialistes de leur domaine. Or nous avons du mal à les mobiliser : cela est compréhensible, vu la surcharge de travail que cela représente pour eux. On reste sur les anciens critères d’évaluation pour la carrière, la volonté de promouvoir l’orientation figure bien dans les textes, mais ne s’accompagne pas des changements nécessaires. Tout repose donc sur la bonne volonté.


*Pour voir le site du service Universitaire d’Information et d’Orientation et du BAIPE

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