Cahiers de vacances spécial Europe : « une initiative heureuse »

A l’occasion de la présidence française de l’UE, Xavier Darcos a lancé des cahiers de vacances spécial Europe1. Déclinés en trois versions, ils veulent aider les élèves de 7 à 15 ans à découvrir les 27 pays de l’Union. Réaction de Jean Sarraméa, professeur d’histoire-géographie au lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël.

Que pensez-vous de cette initiative ?

D’une manière générale, je suis, par principe, favorable à ce genre de démarche, tant pour ce qui est des cahiers de vacances que du thème européen. Bien des élèves et des parents demandent en effet comment occuper utilement une partie des deux mois d’inactivité. Ensuite, aborder l’Europe de façon ludique me semble excellent. C’est d’ailleurs ce que j’essaie de faire toute l’année, par les timbres, les chansons, les billets des pays qui n’appartiennent pas à la zone euro, des quizz culturels sur les musiciens ou les scientifiques européens…

Sentez-vous un engouement réel pour l’Europe chez les élèves ?

Honnêtement, pas vraiment. Disons que, le plus souvent, ils écoutent poliment quand c’est au programme. Il est toutefois plus facile de les intéresser quand on évoque un pays. Pour ce qui est de la construction européenne, en revanche, parler d’engouement serait exagéré.

Proposer une version en ligne de ces cahiers vous semble-t-il une bonne idée ?

Absolument, dans la mesure où cela renforcera l’aspect ludique de la démarche et contribuera sans doute à attirer des enfants qui auraient pu être rebutés par le côté scolaire du support papier. Car c’est évidemment là que se situe l’objectif : intéresser à l’Europe des enfants qui ne le sont pas plus que ça.

Ces cahiers peuvent-ils apporter quelque chose que n’apportent pas les programmes ?

Oui, dans la mesure où les élèves ne les aborderont pas de la même façon. Il s’agira d’une découverte personnelle, pendant les vacances. Le programme, lui, est imposé. Son rythme est dicté par le professeur. On ne se trouve donc pas du tout dans le même état d’esprit et la disponibilité sera nettement supérieure. L’idée, c’est de montrer que l’Europe, c’est du concret, pas uniquement des programmes imposés par des inspecteurs ou des professeurs. Maintenant, il ne s’agit pas d’opposer cahier de vacances et année scolaire. Ils sont tout à fait complémentaires.

Si vous aviez été consulté pour élaborer ces cahiers, quels points auriez-vous mis en avant ?

Tout dépend des élèves auxquels vous vous adressez. Plus on avance en âge, et plus il faut, à mon sens, insister sur les mécanismes de fonctionnement. Mais les premières années, il faut surtout apprendre à connaître les 27 états européens, et surtout les douze derniers entrants qui nous sont encore assez méconnus. A cet égard, j’aurais d’ailleurs un petit regret : la Suisse et la Norvège ont été oubliées. Et même si ces deux pays ne font pas partie de l’Union, il me semble difficile de les considérer comme étrangers à l’Europe.


 


                                            Propos recueillis par Patrick Lallemant


(1) : http://www.moncahierdeurope.education.fr/

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