Jacques Legendre, président-rapporteur de la commission sur le Bac : « la réforme est nécessaire »

Le Sénateur Jacques Legendre1 (UMP) s’est attaqué à l’institution du baccalauréat qui fête cette année son bicentenaire. Les propositions de sa commission2 sont ambitieuses et c’est maintenant aux ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse d’agir pour mettre le bac au goût du jour.

Quelles solutions proposez-vous pour élargir l’accès au baccalauréat ? L’objectif de 80% d’élèves d’une classe d’âge peut-il être atteint ?

Contrairement à une idée répandue, il n’y a pas trop de bacheliers en France. Nous sommes en dessous de la moyenne européenne avec environ 63% d’une classe d’âge titulaire du diplôme. On peut faire augmenter ce résultat en n’oubliant pas qu’il existe trois types de bac : général, technologique et professionnel. 80% d’une classe d’âge qui prépare le bac est un taux atteignable, il semble élevé pour les anciennes générations, quand j’ai passé le bac en 1960, nous étions 100.000 candidats et environ 50.000 l’ont obtenu. Mais cette année, 620.000 candidats se présentent et environ 550.000 devraient être reçus.

Pourquoi répartir les épreuves du bac sur deux ans ? Et qu’en est-il de la session de rattrapage de septembre ?

Le bac comporte une dizaine d’épreuves, ce qui est très lourd, et ne donne pas d’autres possibilités que la réussite ou l’échec. Il est possible de répartir les épreuves sur deux ans, en se souvenant que le bac est la certification des connaissances acquises dans le secondaire et une aptitude à l’enseignement supérieur. Une épreuve vérifiant les acquis dans certaines matières serait organisée dès la première, et, en cas d’échec ou de niveau insuffisant, l’élève pourrait retravailler l’année suivante sans redoubler. Pour l’orientation, on s’appuierait sur ces notes pour les vœux et pour permettre à l’université de statuer. Enfin, nous proposerions à l’élève admis en rattrapage de se présenter en septembre. Cela ne coûtera pas plus cher à l’Education nationale que de laisser passer dans le supérieur des étudiants qui sortiront de l’université au bout d’un an ou deux sans qualification car ils auront échoué.

Que suggérez-vous concernant les coefficients et troncs communs ?

Avec les coefficients, l’élève peut miser sur des matières secondaires pour compenser ses faiblesses dans une matière principale. Néanmoins, il poursuivra des études dans la branche de cette matière et aura des difficultés. Nous voudrions le juger en fonction de ses notes sans coefficients et en se basant sur cinq épreuves : le français, la philosophie, les maths, l’histoire-géographie et une langue vivante ; et d’autres épreuves selon la filière qu’il choisira pour le supérieur.

Vous souhaitez que les consignes de correction soient rendues publiques. Pourquoi ?

Nous souhaitons rendre publiques les consignes dans un souci de transparence et pour sécuriser les jurys qui les communiqueraient et fourniraient un tableau montrant l’échelonnement des notes que l’on comparerait d’un jury à l’autre. Nous souhaitons aussi que chaque professeur dont les élèves passent le bac soit informé des résultats pour qu’il mène une réflexion sur sa propre efficacité. Enfin, il faut revoir la rémunération des professeurs du supérieur qui président les jurys pour les inciter à y participer.

Comment ont été organisés les travaux de votre commission sénatoriale ? Des enseignants y ont-ils participé ou ont été auditionnés?

Un groupe de travail composé de sénateurs de tous les groupes a été constitué. L’UMP et le PS se sont déclarés plutôt favorables, tout comme les communistes (qui ne l’ont pas voté). Nous avons rencontré près de cent personnes, dont des syndicats d’enseignants, de lycéens et étudiants ; des parents d’élèves et la conférence des présidents des universités. Nous allons prochainement présenter ce rapport aux ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse.


 


Propos recueillis par Warda Mohamed



1. Voir la page de Jacques Legendre sur le site du Sénat.
2. Le rapport peut être consulté ici.  

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