A Alice Springs, Jill Tudor enseigne par les ondes

Terre des grands espaces, l’Australie sait faire fi des distances, souvent avec originalité. La « School of the Air » en est une belle illustration. Cette école d’Alice Springs assure les cours d’une centaine d’élèves éparpillés sur plusieurs centaines de km de distance, grâce à la radio et Internet. Zoom sur une école du bout du monde.

Service emblématique de l’Australie, la « School of the Air » a été élevée au rang d’institution en raison de son originalité.. Etablie à Alice Springs, cette école de l’air du Territoire du Nord a été fondée en 1951 dans le but d’offrir « une éducation à distance ». Le principe ? Disséminés sur d’immenses espaces, les enfants qui la « fréquentent » suivent de chez eux les cours que leur prodiguent des maîtres depuis un studio de télédiffusion. L’établissement couvre 1,4 million de km2 et compte 140 élèves éparpillés dans le Territoire du Nord et les états d’Australie Occidentale et d’Australie Méridionale. L’écolier le plus « proche » vit à 120 km d’Alice, le plus éloigné à… 1200 km ! Progrès oblige, la radio HF utilisée au début a disparu, et c’est désormais par satellite qu’enseignants et « écoliers » communiquent.

Depuis trois ans, l’école est dirigée par Jill Tudor. Titulaire d’un diplôme d’enseignante, elle possède aussi une maîtrise en éducation, de même qu’un diplôme d’administration en éducation. Jill a commencé à enseigner en 1973, et a passé presque toute sa carrière à Alice Springs. En 2005, elle a postulé avec succès au poste de proviseur de l’école de l’air. Malgré ses responsabilités, elle continue néanmoins à enseigner. « Il y a toujours une collègue à remplacer pour quelques jours », explique-t-elle, non sans admettre que l’ambiance d’une classe studieuse lui manque.

Selon elle, « l’avènement de l’éducation par satellite a révolutionné nos cours ». Chaque élève, en effet, possède un ordinateur relié à une antenne parabolique – fournie par l’Etat – et un progiciel correspondant à la « classe » dans laquelle il se trouve.

L’horaire de travail de ces classes (qui englobent tout le primaire) varie peu. « Selon son âge et son cours », nous explique Jill, « chaque enfant, du lundi au vendredi, participe chaque jour à une séance d’enseignement collectif par satellite qui dure de 20 mn à une heure ». Une fois la semaine, le maître passe un moment au téléphone avec chaque élève lors d’échanges individuels. A ce travail « en prise directe » s’ajoutent devoirs et leçons (envoyés par la poste et par courrier électronique) sur lesquels l’élève se penche cinq à six heures par jour sous la supervision d’un adulte. Ces travaux annexes sont préparés à Alice par les pédagogues responsables de chaque cours.

De plus, chaque enseignant rend individuellement visite à ses élèves – au nombre de 8 à 18 par « classe » – une fois par an. « Afin de rompre leur isolement », continue Jill Tudor, « enfants et parents se retrouvent annuellement à Alice Springs où ils passent une semaine à se connaître et à rencontrer les éducateurs. Lors d’excursions annuelles, nous emmenons aussi les élèves à la neige ou à la mer ».

Curieusement, l’école buissonnière n’existe pas. « Nous faisons en sorte d’aménager l’emploi du temps des enfants en fonction des obligations professionnelles de leurs parents », explique Jill, « mais ils font tous preuve d’une grande assiduité ». « L’aspect le plus satisfaisant de ma charge », conclut-elle, « est de travailler avec des enfants fantastiques, des parents qui sont d’ardents défenseurs de l’éducation de leurs enfants, et des enseignants dévoués qui possèdent tous un niveau très élevé de connaissance ». On comprend ainsi pourquoi Jill n’est pas peu fière de son école… peu ordinaire.


 


Jean-Pierre Zajac

Alice Springs en cinq dates

1951 : Création de l’école
1992 : Premiers essais d’enseignement par télévision
1993 : L’ordinateur fait son apparition « en classe »
2000 : L’usage du courrier électronique se généralise
2005 : Jill Tudor devient proviseur de l’école

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