Premières Rencontres Universités Entreprises : le début d’une nouvelle ère

AEF1 organisait mercredi 4 juin à Paris les 1ères Rencontres Universités Entreprises. L’objectif de cette journée était de mener une réflexion sur un thème d’actualité : la nécessaire interaction entre université et entreprise, pour une meilleure approche et prise en compte des diplômes. Universitaires et chefs d’entreprise étaient présents pour en débattre.

La journée consacrée à ces rencontres est le signe d’une évolution d’importance : universités et entreprises se rapprochent. En France, c’est une nouveauté. Les deux entités ont longtemps été considérées comme impossibles à accorder. Ce n’est désormais plus une réalité. La loi LRU de 2007 accorde une grande place à l’insertion professionnelle, mais elle n’est que le couronnement de 15 ans d’évolutions. Pour Michel Lussault, vice-président de la CPU (Conférence des Présidents d’université), durant ces quinze dernières années, les universités ont commencé à « muter en généralisant les contrats d’établissement et en développant la logique de projets2″. Les entreprises ne s’y trompent pas : Pierre Nanterme, Président de la fédération Syntec, rapporte par exemple que sa fédération recrute chaque année 40000 cadres. 20000 sont de jeunes diplômés, et 50% viennent de l’université. Les diplômes de l’université correspondent donc à un réel besoin économique, et le profil des étudiants, varié et socialement très divers, permet d’éviter à l’entreprise d’entrer dans une sorte de « monoculture ».

La diversité, un atout, parfois difficile à gérer

La diversité est un atout, mais elle doit être bien gérée, car l’université scolarise 1,5 million d’étudiants en tout, et les formations sont extrêmement diverses. Mais les résultats ne sont pas si mauvais que ce que les médias peuvent laisser entendre : 90 000 masters sont délivrés chaque année par l’université, et 10 000 doctorats. Par ailleurs, sur les 26 000 diplômes d’ingénieurs délivrés chaque année, 10 000 viennent de l’université. Or l’université forme les « mauvais élèves », comme le souligne, avec un brin de provocation, Michel Lussault. « Sa gloire, c’est de faire réussir des jeunes avec une ‘mauvaise scolarité' » ajoute-t-il. Il faut que les entreprises prennent conscience du fait que la diversité sociale et culturelle de l’université est une richesse, non un obstacle. Les doctorats en particulier devraient davantage être pris en considération : comme l’a fait remarquer Martine Pretceille, directrice de l’association Bernard Grégory  (association d’aide à l’insertion des jeunes docteurs, soutenue entre autres par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et le CNRS), au niveau international, le diplôme qui prévaut, c’est le PhD. Et le PhD en France, c’est le doctorat !

Des compétences plus lisibles

Les compétences des docteurs – y compris en sciences humaines- sont très utiles en entreprise : capacité à gérer un projet de A à Z, capacité d’organisation, de prise de contacts (pour recueillir les informations nécessaires) et aussi commerciale, car il faut savoir vendre son sujet à un jury, le convaincre du bien-fondé de sa recherche, analyse Morgane Gorria, Présidente de la Confédération des Jeunes Chercheurs. Cependant, les diplômes universitaires, doctorats et autres, devraient être plus lisibles pour l’employeur : les recruteurs présents lors de cette journée ont souligné ce manque de lisibilité, qui fait que souvent ils préfèrent choisir un candidat sortant d’une école, dont les compétences sont clairement identifiées. La loi LRU qui organise les PRES3 devrait contribuer à augmenter cette visibilité, ou encore des projets tels que la fusion en train de s’opèrer à Strasbourg entre les 3 universités. Elles n’en feront plus qu’une à partir de janvier 2009, indique Alain Beretz, actuellement président de Strasbourg 1 Louis Pasteur. Les diplômes, toutes disciplines confondues, seront donc tous délivrés au nom de la même université. Pour s’y retrouver, ce sera beaucoup plus clair.

Une économie de la connaissance

Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, était présente lors de la clôture de cette journée. Pour elle, « les barrières sont en train de tomber entre universités et entreprises », et le « temps est venu où chacun a compris l’intérêt qu’il a à travailler avec l’autre ». Elle rappelle que désormais les universités « s’investissent davantage dans l’insertion professionnelle », ce qui est une des priorités de la loi LRU. Les intervenants ont également souligné au cours de cette journée que l’économie actuelle était aussi une économie de la connaissance. Dans un tel contexte, la connaissance universitaire a un rôle de tout premier plan à jouer.



1) Agence Education Formation www.aef.info
2) Voir par exemple le projet d’établissement de l’université de la Rochelle
3) voir par exemple le PRES UniverSud-Paris

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