‘Mon prof, c’est le meilleur’ : le livre des ‘enseignants heureux’

Et si un bon prof, celui que tous les élèves rêvent d’avoir, écrivait un livre ? Et si dans son livre, il donnait ses trucs, ses astuces, tout ce qui fait que ses cours sont une réussite ? Un professeur d’histoire, Jean Sarraméa, l’a fait : son livre, Mon prof c’est le meilleur1, vient d’être publié.

Comment faire pour être un bon prof ? Que d’enseignants ne se sont pas posé la question ! Jean Sarraméa, professeur agrégé d’histoire-géographie, enseignant au lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël, propose dans son livre Mon prof, c’est le meillleur, coécrit avec d’autres enseignants qui constituent le « collectif d’enseignants heureux », des exemples vécus de réussite pédagogique. Il ne s’agit nullement d’un guide de conseils didactiques. Il s’agit plutôt d’un recueil d’anecdotes, souvent amusantes, qui permettent au lecteur de comprendre comment bien gérer des situations en classe souvent difficiles.

« Au lu du sujet, vous blanchîtes, rosîtes, pâlîtes, verdîtes »

Prenons quelques exemples : « quoi de mieux pour apprendre la géographie qu’un petit tour de France gustatif ? « demande Jean Sarraméa (p 94) . Distribuer aux élèves une friandise régionale permet en effet de retenir à coup sûr un cours sur la région ! Autre exemple : une enseignante, professeur de français, qui a participé à la rédaction du livre, conseille aux enseignants d' »avoir toujours la pêche ». (p31). C’est absolument indispensable pour tenir la classe, explique-t-elle. Donc si l’on est malade et que le « mal est insurmontable, mieux vaut se mettre en congé plutôt que d’offrir aux élèves l’aspect d’une chiffe molle, diminuée, incapable » ! Une solution est également proposée lorsqu’un enseignant doit rendre de mauvaises copies. Comment faire pour décrisper l’atmosphère lorsque l’on rend les copies d’une interro ratée par (presque) toute la classe ? Jean Sarraméa a une méthode infaillible : utiliser le passé simple et l’imparfait du subjonctif. Il s’adresse ainsi aux élèves : (p119) : « Au lu du sujet, vous blanchîtes, rosîtes, pâlîtes, défaillîtes, verdîtes, rugîtes, glapîtes, jaunîtes, blêmîtes, vous évanouîtes, vous étourdîtes, frémîtes, gémîtes, médîtes sur le professeur que vous honnîtes ! » Ou encore : « ô combien eûtes-vous raison de vous pencher avec sérieux sur ce devoir, afin que je visse vos prouesses et que je vinsse avec joie vous le remettre aujourd’hui ! »… « vous m’enthousiasmâtes par votre méthode, m’enchantâtes par vos synthèses, me ‘sciâtes’ aussi par vos oublis » etc.

« Une terminale à problème »

D’autres sujets sont abordés sur une tonalité plus « sérieuse ». La question de la compréhension d’une note par exemple, donnée sous forme de conseil empreint de sagesse (p165) : si un élève ne comprend pas sa note, il est impératif de « donner toutes les explications nécessaires pour qu’il finisse par reconnaître ses erreurs ». Quant à la sanction, autre sujet d’importance pour un enseignant, elle ne doit pas être synonyme de punition, analyse l’auteur (p 204), qui reconnaît d’ailleurs n’avoir pas puni d’élèves depuis un bon nombre d’années. Autre thème abordé : la gestion d’une classe difficile. C’est l’objet du chapitre intitulé « une terminale à problèmes ». Jean Sarraméa livre quelques secrets de réussite avec une classe pourtant réputée difficile. (p243). Un de ses dogmes : « les élèves sérieux sa[vent] qu’ils peuv[ent] trouver dans leur professeur un appui indéfectible ». Enfin, l’ouvrage compte aussi un ensemble de réflexions menées en commun sur des sujets d’actualité : l’évaluation des enseignants, la façon de se comporter durant les grèves, le fait d’innover, de remotiver les élèves, de se remettre en question. Les réflexions sont souvent amenées sous forme de questions : faut-il payer les enseignants au mérite ? faut-il envoyer les meilleurs professeurs dans les zones difficiles, ou encore faut-il enseigner l’Histoire ?

On ne trouva que vingt bulletins de vote dans… 



L’importance de l’orthographe n’est pas oubliée, et l’auteur choisit de traiter ce sujet de façon hilarante. La maîtrise de l’orthographe est indispensable pour l’élève –même s’il pense pouvoir recourir aux correcteurs orthographiques. Ceux-ci sont loin d’être fiables ! Un exemple ? Jamais un correcteur orthographique ne corrigera les phrases suivantes : « après la fermeture du bureau de vote, on ne trouva que vingt bulletins dans l’urine » ou « ce footballeur trouva le chemin des buts grâce à ses nombreuses fientes ».
Rien ne remplacera donc jamais un savoir solide, savoir qu’il revient aux enseignants de transmettre aux plus jeunes. Très noble tâche, très ardue et surtout merveilleuse, comme le montrent les « enseignants heureux » qui cosignent cet ouvrage…


 


 


 


1) Mon prof, c’est le meilleur ! Jean Sarraméa et collectif d’enseignants heureux, Editions Tarmeye (43520 Mazet St Voy, tel : 04 71 65 01 53), mars 2008

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