Christian Lage : la relève syndicale en marche

Réélu en 2007 pour un second mandat de trois ans, Christian Lage, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement technique, Action, Autonome (SNETAA), a su rallier les troupes d’une organisation en voie d’étiolement. Une étape de plus dans le parcours ouvert de ce professeur passionné.

Il s’en amuse : à cinquante et un ans, il fait toujours office de « jeunot ». Tout au moins au sein du Snetaa qui n’avait pas eu de quinquagénaire à sa tête depuis bien longtemps… Les élections professionnelles de décembre 2008 en ligne de mire, Christian Lage entend fermement asseoir une nouvelle fois son organisation à la place de syndicat majoritaire de l’enseignement professionnel. Père de quatre enfants, il n’en oublie pas pour autant son combat premier : « démocratiser l’accès à la culture et faire en sorte que l’école joue son rôle d’ascenseur social ». Un élévateur par lequel il a lui-même intelligemment transité…

De FR3 au PLP

Né à la veille des années soixante dans un petit village du Limousin, Christian Lage grandit dans le culte des études auxquelles sa mère n’avait, à son grand regret, pu accéder « et réaliser son rêve de devenir institutrice ». Dans cette famille modeste où on lit beaucoup, l’écrit, la connaissance et la culture sont des valeurs phares qui guident le jeune homme sur la voie d’une scolarité classique. Il décroche un bac A4 (mathématiques, lettres et langues) et s’engage dans des études universitaires d’histoire qu’il poursuit à Limoges jusqu’au DEA. L’étudiant qui est en outre maître d’internat, appréhende le monde éducatif avec grand intérêt. Mais les aléas de la vie l’en éloignent pour le pousser jusqu’aux studios de FR3 Limousin Poitou-Charentes où il conçoit et co-présente une rubrique littéraire puis une émission régionale sur l’histoire. « Parce qu’il faut bien devenir sérieux quand on vieillit un peu », le jeune père de famille qu’il est déjà met un terme à son expérience audiovisuelle et tente les concours de l’enseignement. Il se présente la même année au CAPES et au CAPLP dont les résultats, favorables, tombent en premier. Sans même attendre ceux du CAPES, Christian Lage s’engage dans l’enseignement professionnel, avide de découvrir une pédagogie différente « et inductive : on part de ce que l’on connaît pour en déduire la règle ».

De l’enseignement au syndicalisme

Après une formation à l’Enna1 de Toulouse où il se rapproche « naturellement » du Snetaa « par corporatisme et, à l’époque, par intérêt personnel », l’enseignant de lettres-histoire commence sa carrière au lycée professionnel Labussière à Limoges. Là, il découvre l’importance de la bivalence : « couvrir deux matières, dont une aussi rédhibitoire que le français, est essentiel dans une pédagogie par objectif basée sur la logique du projet comme elle est développée en lycée professionnel », souligne-t-il. « Cela permet de faire des ponts d’une discipline à l’autre, de donner aux jeunes des outils pratiques pour construire leur parcours. C’est passionnant ». Tandis qu’il enseigne aux élèves de CAP, de BEP et de Bac pro, il s’implique davantage dans la vie syndicale : il devient responsable local, puis secrétaire académique du Snetaa succédant ainsi à Paul Claustre « un très grand militant ». Il revendique la spécificité de la voie professionnelle, son attachement aux diplômes reconnus dans les entreprises, se bat pour le statut de ses jeunes collègues… En 2004, au moment du départ à la retraite de Bernard Pabot, secrétaire général du syndicat en place depuis douze ans, Christian Lage est déjà membre du bureau national de cette organisation alors en proie à de sérieux problèmes internes de scission…

« Dans le présent »

Elu par ses pairs à la succession de Bernard Pabot, le Limougeaud est parisien « la semaine seulement ». On lui confie la double tâche de relancer une dynamique de rassemblement au sein du syndicat et de replacer les adhérents au cœur des préoccupations du SNETAA. « Consulter, écouter, répondre… Il faut être attentif pour faire avancer la machine ». En 2005, l’organisation remporte les élections professionnelles sans compromettre son indépendance. Et reste le syndicat majoritaire des PLP. Réélu l’an passé, le secrétaire général poursuit la rénovation profonde du syndicat et de ses cadres. « Depuis deux ans, l’organisation termine son exercice avec davantage d’adhérents. Les jeunes collègues viennent vers nous avec des demandes différentes de celles des générations précédentes2. Il nous faut nous adapter et il nous faut du sang neuf : ce sont des fonctions usantes ». Sur la suite de sa propre route, Christian Lage ne dira rien. Mais de conclure simplement : « je fais des choses dans le présent et toujours par passion ».


 


Marie-Laure Maisonneuve


 


(1) École Normale Nationale d’Apprentissage. Les Enna ont été dissoutes à la création des IUFM où les PLP sont formés.
(2) Par exemple, les demandes des jeunes collègues ne concernent pas que la pédagogie, mais également la violence et le climat dans l’établissement.

Christian Lage en cinq dates

1957 : naît à Meuzac (Haute-Vienne)
1982 : naissance de son premier enfant
1989 : obtient le Certificat d’Aptitude au Professorat des Lycées Professionnels du deuxième grade (CAPLP 2) et adhère au Snetaa
2004 : est élu secrétaire général du Snetaa
2005 : le Snetaa remporte les élections professionnelles

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