Thierry Cadart : une vie en mouvement

Professeur certifié de mathématiques, Thierry Cadart a été attaché parlementaire avant de prendre les rênes du Sgen-CFDT1, la troisième organisation syndicale de l’Education nationale.

« Mon grand-père maternel était instituteur. C’est peut-être l’année passée dans sa classe, qui a donné naissance à ma vocation. Quoi qu’il en soit, collégien ou lycéen, mon seul doute concernait la matière que j’allais enseigner. Les mathématiques ont fini par l’emporter sur la géographie. » Dans un sourire, Thierry Cadart confie avoir aussi choisi l’Education nationale pour exercer un métier sédentaire. A cet égard, force lui est de constater l’échec ! En une petite trentaine d’années, il va multiplier les affectations, du Nord au Sud.

Un grand tour de France



Après avoir obtenu un bac C en 1978, Thierry Cadart passe une licence de maths et décroche son Capes dans la foulée. Il vit alors en Gironde. Mais, suite à une erreur administrative, c’est au lycée Condorcet de Saint-Quentin, dans l’Aisne, que le futur secrétaire général du Sgen-CFDT obtient un poste de stagiaire en 1982. Il part ensuite faire son service militaire. A son retour de la caserne, son premier poste de titulaire le conduit dans un établissement difficile de la banlieue d’Amiens, le collège Etouvie, où il effectue des remplacements. En 85, il devient titulaire académique dans l’académie d’Orléans-Tours, jusqu’en 88 où il obtient son premier poste fixe, au lycée Racan, de Château du Loir, dans la Sarthe.

Un petit tour en politique

Militant socialiste depuis 1983, il donne une nouvelle orientation à sa carrière en 90 et devient l’assistant parlementaire de Jean Proveux, député d’Indre-et-Loire. « C’était une ouverture sur le monde qui m’intéressait. J’ai alors compris à quel point le rôle du parlementaire est limité dans notre système, notamment dans son travail de contrôle de l’exécutif. En revanche, côtoyer des citoyens de toutes origines et de toutes conditions m’a passionné. Cette confrontation avec l’ensemble des difficultés qui peuvent se rencontrer dans la société française a ensuite influencé mon travail d’enseignant. Elle a changé mon regard sur ce que vivent certains élèves. »

L’engagement syndical

En 93, un mois avant les législatives, Thierry Cadart retrouve le chemin de la salle de classe, au collège Michelet de Tours. Jusqu’en juin 2006, il enseignera également à Bordeaux et dans le Gers, à Mirande, près d’Auch. « De par ma carrière, j’ai l’expérience de tous les types de postes que peut avoir exercés un professeur : petits collèges de campagne, établissements de centre-ville ou de banlieue, lycées généraux, lycées professionnels… » Adhérent du Sgen-CFDT depuis le début de sa carrière – « pouvoir se syndiquer dans un vrai syndicat, était un droit précieux qui ne s’usait que si on ne s’en servait pas » -, il s’investit alors davantage dans son engagement syndical. Nous sommes en 95. « A ce moment de ma vie, je me suis dit que pour changer vraiment les choses, l’action syndicale était peut-être plus importante que l’action politique. » Il intègre le conseil fédéral du syndicat en 98, y prend de plus en plus de responsabilités et finit par entrer au secrétariat national en 2006, un an avant d’être élu secrétaire général.

Le bonheur est dans le pré

Aujourd’hui âgé de 48 ans, Thierry Cadart souhaite toujours autant « faire de l’école de la République le lieu de la réussite de tous. Cela rejoint mon engagement professionnel. J’ai, en effet, toujours considéré que mon métier consistait à apporter des réponses à tous les élèves qui m’étaient confiés. Même si ce n’est pas évident, au point de devenir douloureux quand on n’y arrive pas. » Il veut aussi « continuer à redynamiser le Sgen ». Mais il ne se voit pas haut responsable syndical jusqu’à la fin de sa carrière. Il n’a rien programmé. Mais le matin, en se rasant, il rêve de regarder les Pyrénées au volant de sa voiture, en allant donner ses cours de maths au lycée de Mirande, avant d’aller au cinéma ou de faire du sport, et de rentrer chez lui lire le dernier Fred Vargas. Pour l’heure, il se contente de rentrer dans le Gers tous les week-ends. Il y retrouve « un équilibre et un rythme plus naturel » et se console : « la lecture d’un polar correspond au temps de trajet entre Auch et Paris en train ».


 


Patrick Lallemant


 


1 : Site de la Sgen-CFDT.

Thierry Cadart en cinq dates

1982 : obtient le Capes
1988 : occupe son premier poste fixe
1990 : devient assistant parlementaire
2006 : devient Secrétaire national du Sgen-CFDT
2007 : est élu Secrétaire général du Sgen-CFDT

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.