Enseignement des langues en Europe, où en est-on ?

La revue internationale d’éducation de Sèvres publiée par le CIEP1 propose pour le mois d’avril un dossier consacré à l’enseignement des langues vivantes en Europe2. Plusieurs experts livrent leur analyse. Roger Pilhion, directeur adjoint du CIEP, qui a préfacé la revue, nous donne une vue d’ensemble sur l’état actuel de cet enseignement.

Peut-on dire que l’Europe fait un véritable effort pour promouvoir l’enseignement des langues ?

La Commission européenne a pleinement pris conscience de l’enjeu du multilinguisme à l’occasion de l’Année européenne des langues en 2001 qui a connu un grand succès et depuis cette date un processus en faveur du multilinguisme est en marche. De fait, aujourd’hui, les impulsions de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe ont un impact de plus en plus grand sur les politiques nationales en matière d’enseignement des langues. Mais ce sont les Etats qui restent souverains dans le domaine.

Quelles sont à ce jour les langues les plus favorisées dans le cadre européen ?

Les 23 langues officielles de l’Union européenne sont, en théorie, placées sur le même plan. (Cf. article du Commisssaire Orban dans la revue). Et la traduction simultanée dans ces 23 langues est assurée dans toutes les réunions formelles. Dans les réunions informelles où la présence d’interprètes n’est pas obligatoire, les instances bruxelloises utilisent, de fait, trois langues de travail, l’anglais, le français et l’allemand. Aujourd’hui l’anglais prédomine largement, du fait des élargissements successifs. Les langues officielles de l’Union les plus enseignées comme langues étrangères dans les systèmes éducatifs des Etats membres sont, par ordre décroissant, l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol et l’italien.

Se dirige-t-on en Europe vers un enseignement de l’anglais obligatoire pour tous, dès le plus jeune âge ? Ou au contraire vers le choix du plurilinguisme ?

Cette décision revient à chaque Etat. L’anglais prédomine largement, comme première langue vivante étrangère dans les systèmes éducatifs des pays non anglophones, mais la plupart des Etats offrent un choix entre plusieurs langues, à l’instar de la France. Pour combien de temps ?

Où trouve-t-on les meilleurs professeurs de langue en Europe ? Et où les élèves parlent-ils le mieux une langue étrangère ? Peut-on s’inspirer de l’excellent modèle de la Finlande ?

Question difficile à laquelle l’enquête sur les indicateurs de compétence en langue présentée par M. Hingel dans son article3 apportera une réponse en 2011… D’une façon générale, les élèves des Etats dont la langue nationale est de faible diffusion sont plus motivés pour l’enseignement des langues que les élèves anglais ou français, par exemple. En outre, l’environnement a un impact certain et il est aujourd’hui généralement favorable à l’anglais, (l’anglo-américain, plus exactement).



1) Le site du CIEP
2) Pour lire le
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