La Journée du numérique 2008 à Paris Centre Universités

Pour sa seconde édition, la Journée du numérique  organisée le 28 mars dernier à l’université Paris Descartes a été l’occasion d’une réflexion sur l’immense progrès –mâtiné de quelques bémols- que représente la mise en ligne intégrale, en vidéo, des cours magistraux d’université. La CASDEN -partenaire de l’université- et VousNousIls, étaient présents. Bilan des échanges.

Patrick Berche, doyen de la faculté de médecine de l’université Paris Descartes ouvre la journée. Il présente d’emblée les avantages évidents de la mise en ligne des cours magistraux enregistrés directement en amphithéâtres. Un cours en amphithéâtre compte en moyenne en médecine 425 étudiants. Certains sont assis par terre, n’entendent pas bien… Or avec ce principe de l’enregistrement en direct, l’étudiant sait que cinq minutes après la fin du cours, il peut le voir en intégralité sur son ordinateur. Pour les étudiants, c’est un immense progrès.

Suppression des cours magistraux en amphi


L’université Joseph-Fourier Grenoble-I donne un autre exemple d’utilisation des vidéos pour l’enseignement en médecine. Il s’agit d' »aller vers un enseignement tutoré en remplaçant les grands amphis par un enseignement encadré en petits groupes » témoigne Daniel Pagonis, directeur de la cellule Tice de l’université. Les cours magistraux de première année ont ainsi disparu et sont désormais entièrement remplacés par des vidéos. Or il s’avère que les étudiants travaillant avec les vidéos et étant encadrés avec le système de tutorat, qui leur permet de poser des questions sur les cours visionnés, ont plus de chances de réussite au concours que leurs aînés qui suivaient les cours traditionnels.
Patrick Berche indique pour sa part, à l’inverse, être très attaché aux cours magistraux en première et deuxième année de médecine. Mais à partir de la 3e année, les cours magistraux disparaissent aussi dans son université.

Les amphis ne se videront pas

Quelle que soit la méthode adoptée, Patrick Berche tient à souligner qu’il ne faut pas avoir peur de ces nouvelles techniques. Il évoque en particulier une des principales craintes des enseignants : celle de voir les amphithéâtres se vider suite à la mise en ligne de leurs cours. Or ce n’est absolument pas le cas, comme en témoignent plusieurs enseignants universitaires présents à cette journée. Patrick Berche explique que la vidéo en ligne est vécue par les étudiants comme complémentaire du cours prononcé en amphi. Et non comme se substituant à lui.
Il peut d’ailleurs y avoir de la part de l’enseignant une volonté claire de différencier le contenu du cours en ligne de celui du cours magistral. Le cours magistral peut être dans ce cas celui où il ajoute des choses au cours en ligne préalablement étudié par ses élèves, et où il répondra à leurs questions. Autre point important mis en avant par Patrick Berche : le fait d’être filmé augmente la qualité des cours. « Le fait d’être filmé change la façon des enseignants de faire leur cours, améliore la qualité : les professeurs réalisent une performance, c’est un moyen d’évaluation qui tire tout le monde vers le haut ».
En effet, les cours en ligne sont visibles par les collègues, par le président d’université, par le doyen… Et par l’enseignant lui-même ! Le fait d’être filmé implique aussi une impérative réactualisation des cours : à l’université Paris Descartes, il a été décidé que les cours ne resteraient pas en ligne plus d’un an.

Quelques bémols…

N’y aurait-il donc que des avantages à cette nouvelle façon de travailler ? Il semblerait bien que oui. Or lors des débats de cette journée, plusieurs intervenants sont venus nuancer ces propos. Tout d’abord se pose le problème du plagiat. En effet, les cours des enseignants mis en ligne peuvent facilement être plagiés. Des collègues peu scrupuleux peuvent facilement reprendre à leur compte tout ce contenu et se le réapproprier. Second problème : si les cours sont intégralement disponibles en ligne, pourquoi alors acheter les livres de l’enseignant ? Il peut donc y avoir aussi un écueil d’ordre éditorial.
La mise en ligne des cours représente un progrès absolument formidable, mais à l’issue de cette journée, il semble qu’elle implique de prendre quelques précautions. C’est déjà le cas par exemple lorsque l’accès à certains cours en ligne est verrouillé. Le champ neuf de la réflexion reste ouvert…

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