Comment l’IECE se positionne-t-il par rapport au travail réalisé par l’Education nationale ? Entend-il combler des manques particuliers ?

Nous ne raisonnons absolument pas en termes de manques, de défaillances ou de dysfonctionnements à pallier. Nous respectons parfaitement le travail de fond réalisé par l’institution. Le critiquer serait facile et, au regard de l’ampleur de la tâche, totalement injustifié. Nous ne prétendons pas avoir une vision supérieure à celle des enseignants ou des conseillers d’orientation, mais différente. Ce que nous proposons, c’est une forme de « réglage fin » de l’offre éducative standard, une adaptation des acquis scolaires à la réalité du monde de la personne. Nous intervenons toujours au cas par cas, même si certaines actions comme les programmes « réussir moi aussi », que nous menons dans les établissements de ZEP, sont déterminées en concertation avec les équipes éducatives.

Concrètement, à quel niveau se situe la complémentarité ?

Dans le cadre des programmes « réussir moi aussi » qui visent à rapprocher études et projets professionnels, nous apportons avant tout notre connaissance du monde de l’entreprise. Mais, d’une manière générale, ce sont les jeunes qui déterminent cette complémentarité en fonction de leurs demandes. Ce peut être un problème de méthodologie, d’orientation, de motivation, de gestion du stress, de projection dans la vie active (…).Nous essayons de connaître les causes du problème. Les réponses apportées par le jeune nous aident à cerner ses besoins et à créer les conditions pour que le changement s’opère.

Comment et à la demande de qui intervenez-vous ?

Nos interventions privées ont lieu à la demande des jeunes et de leur famille qui les financent. Concernant les actions en collèges et lycées, les accompagnements, qui s’étalent sur plusieurs mois4, se font évidemment sous l’impulsion des chefs d’établissement. Qui ont envie de donner un coup de pouce particulier à des élèves en déficit de motivation, parfois à la limite du décrochage scolaire. Ces programmes, financés par l’Etat ou les collectivités, visent notamment à aider les élèves de 3e à préparer leur stage en entreprise dans un esprit positif et à réfléchir activement à leur orientation. De sorte, pour eux, à ne pas subir des projets par défaut, à savoir faire le deuil de perspectives illusoires.

Il arrive que des enseignants fassent appel à vos services pour eux-mêmes. Dans quel but ?

Les enseignants qui nous sollicitent le font, le plus souvent, pour assouvir leur curiosité. Ils ne sont pas dans une démarche de demande de formation mais plutôt dans une quête de nouvelles pistes, de nouveaux outils pour pouvoir communiquer autrement avec leurs élèves. Nous constituons un espace ressource différent plus intéressé, à priori, par la performance que par l’innovation. Se tourner vers nous permet à ces enseignants de découvrir une culture qui n’est pas la leur, de s’approprier des techniques de communication qui ont fait leur preuve dans les entreprises. Mais aussi d’envoyer à leurs élèves un message positif et réaliste sur le monde du travail d’aujourd’hui.


1) L’IECE propose du coaching scolaire et universitaire en dehors des établissements.
2) Programmes « Réussir moi aussi ». Ces opérations d’accompagnement, financées par les collectivités ou l’Etat « permettent à des jeunes, de la 3ème à leur recherche d’emploi, de se découvrir, de trouver leur voie et de mettre en œuvre de nouvelles motivations ».
3) Professeur associé en communication à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), professeur en ressources humaines et management, doctorant en sciences de gestion, coach de dirigeants en entreprises.
4) De quatre à six séances individuelles de quarante-cinq minutes chacune.