Jacques Marseille : le système éducatif français fonctionne encore comme à l’époque napoléonienne

- Selon lui, 10% des enfants sont dans des établissements d'excellence, 70% suivent à peu près la route, et 20% sont les ‘paumés’ du système

« Comment accepter que notre système éducatif, l’un des plus dispendieux au monde, laisse sortir chaque année 140 000 jeunes sans aucune formation ? », déplore Jacques Marseille, professeur à l’université de Paris-I Sorbonne et directeur de l’Institut d’histoire économique et sociale dans un débat avec l’économiste Jean-Paul Fitoussi dans Le Figaro Magazine. « Faut-il plus d’argent ? « , s’interroge-t-il. Sa réponse est sans équivoque : « non ». Et d’ajouter, « les ZEP, où l’on a investi, sont un échec. Il faut agir autrement : missionner des enseignants motivés, laisser bien plus d’autonomie aux chefs d’établissement, simplifier et adapter les programmes ».

Par ailleurs, Jacques Marseille explique que le système éducatif français fonctionne « encore comme à l’époque napoléonienne : 10% de nos enfants – soit 70 000 – sont dans des établissements d’excellence. 70% suivent à peu près la route. Et puis il y a les 20%, les ‘paumés’ du système : 140 000 jeunes ». « Ce n’est pas en en intégrant une centaine à Sciences-Po tous les ans que l’on réglera le problème », ajoute-t-il. Pour l’historien, la vraie rupture, c’est peut-être de « bouleverser le sort de ceux qui vivent dans les zones sensibles sans dépenser plus d’argent ».

Jean-Paul Fitoussi, professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) et secrétaire général de l’Association internationale des sciences économiques, explique pour sa part que « chaque ministre arrive avec un programme qui ne fonctionne pas, parce que l’on aborde le problème par le mauvais bout ». « Commencer par s’en prendre aux enseignants et aux moyens n’est pas le meilleur biais », ajoute-t-il. Pour lui, « il faut penser aux structures et avoir le courage d’aborder de front la question du financement ». Et de rappeler que « même Mme Thatcher l’avait compris, qui, voulant réduire le nombre de professeurs, ne l’a pas fait de façon brutale, mais en leur offrant de rester, ou de partir, mais avec un gros chèque ». « Cela a coûté de l’argent pour en rapporter beaucoup par la suite », conclut-il.

Source  : Le Figaro Magazine

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