Premier colloque sur l’université d’Outre-Mer : quel rapport à l’information ?

L’université d’Outre-Mer, de par son éloignement, a un rapport particulier à l’information et aux médias, soumis à certaines contraintes. Comment les gérer au mieux ?

Joann Hoareau, chargée de communication à l’université de La Réunion, fait remarquer, lors du colloque sur l’université d’Outre-Mer les 22 et 23 janvier derniers à Paris, que l’accès à l’information n’est pas évident pour les universités ultramarines. En effet, Le Monde par exemple arrive avec deux jours de retard à La Réunion. Heureusement, le web permet d’accéder facilement à l’actualité en temps réel. Néanmoins, l’accès à la presse papier, aux revues, aux documents, est compliqué du fait des diffficultés d’acheminement, comme c’est le cas à l’université de Polynésie. Ce qui pose problème en particulier dans les bibliothèques universitaires : elles n’offrent pas forcément autant de ressources aux chercheurs et aux universitaires que celles de métropole. Le problème de la remontée d’informations vers les universités ultramarines est complexe. De plus, il coexiste avec un autre obstacle.

L’université dans les médias

A l’inverse en effet, l’information venant des universités d’Outre-Mer a parfois du mal à arriver en métropole. Or l’université joue dans les DOM-TOM un rôle majeur dans la bataille médiatique française de l’enseignement supérieur.
Pourquoi ? Tout simplement parce que souvent, elle est l’unique lieu d’enseignement supérieur : il n’y a ni grandes écoles, ni IEP… etc. D’où l’importance capitale du rayonnement de l’université ultramarine dans les médias. Elle doit se positionner vis-à-vis des autres universités françaises et aussi d’établissements très médiatiques, qui souvent occupent le devant de la scène, tels Sciences Po. Sur quels éléments peut alors s’appuyer l’université d’Outre-Mer ? RFO peut jouer un rôle pour lui donner une visiblilité. Yves Garnier, directeur général par intérim du Réseau France-Outre-Mer rappelle que RFO, c’est aussi bien la radio, que la télé, qu’internet. Par ailleurs, la chaîne France O, visible en métropole, est aussi une véritable fenêtre sur l’Outre-Mer.

Communiquer sur des pôles d’excellence 

Autre élément : Jean-Baptiste Prevost, président de l’UNEF souligne que les universités ultramarines souffrent d’un manque d’attractivité, et que la mobilité étudiante se fait beaucoup plus dans le sens Outre-Mer/métropole que vice-versa. Alors, vu les difficultés d’accès de ces universités, pourquoi ne pas en faire des pôles pilote dans le domaine du e-learning ? Il faut développer ce type de pôles d’excellence, sur lesquels ensuite communiquer. Alain Leconte, président honoraire de l’université Antilles-Guyane, insiste également sur ce point : les pôles d’excellence devront se bâtir sur l’e-learning et sur les masters, des masters très spécifiques, par exemple sur la biodiversité ou encore la volcanologie (comme c’est le cas à l’université de Polynésie), capables d’attirer les étudiants et les chercheurs du monde entier. Et d’assurer une forte présence médiatique.

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