Michel Rocard a présenté hier jeudi 31 janvier 2008 sa démission de la commission Pochard sur la revalorisation du métier d’enseignant. En cause, la polémique sur la «rémunération au mérite» des professeurs. L’ancien Premier ministre se dit « l’objet d’une agression de la part du Figaro« , qui le met « en cause de façon mensongère ». « Je démissionne donc afin que la commission ne soit pas biaisée dans son rapport à l’opinion publique et à l’Education nationale », a-t-il ajouté.

Le rapport de la « Commission pour l’évolution du métier d’enseignant » devrait être rendu public lundi 4 février. Interrogé hier par L’AEF, Michel Rocard a livré quelques impressions sur ce rapport. Ainsi, il estime que « ce rapport est honnête ». « J’espère qu’il aidera le ministre et lui donnera plus de visibilité sur les choix à venir », a-t-il précisé. Selon l’ancien Premier ministre, « le livre vert est un diagnostic, il n’a pas vocation à trancher ».

Au sujet des rémunérations, Michel Rocard a indiqué que la commission voulait « jouer sur l’avancement des carrières, qui dépend aujourd’hui surtout du nombre de postes disponibles, pas sur la rémunération au mérite ». Il a également souligné la volonté de développer « la formation continue des enseignants, tout à fait insuffisante et trop souvent vécue comme une forme de récompense ».

Même approche pour la formation initiale, la commission souhaite l’intensifier « de façon à ce que des enseignants ne puissent plus se retrouver devant une classe sans avoir reçu de formation ». Enfin, selon Michel Rocard, tout n’est pas encore figé. Des points restent à discuter comme « donner plus d’autonomie aux équipes éducatives et plus d’autorité aux chefs d’établissement » ou « comment reconnaître et intégrer tout ce qui n’est pas temps passé devant la classe ».

Source : AEF, Libération