« Après mon baccalauréat, je voulais devenir journaliste. Admis à l’école de Strasbourg, on m’a conseillé d’obtenir au moins un Deug avant de l’intégrer. »Nous sommes à la fin des années 80. Jérôme Gaillard s’inscrit alors en fac d’histoire. Il ne le sait pas encore, mais il vient de renoncer à la carte de presse. « Pour des raisons personnelles, je n’ai plus souhaité partir de Clermont. J’avais également de plus en plus envie d’enseigner. En 90, j’ai donc passé le concours d’entrée à l’Ecole Normale. »
Son premier poste l’amène ensuite à une quarantaine de kilomètres de chez lui, à l’école de Turelet, à Thiers. Il y passe deux ans, avant d’être affecté à l’école Lucie Aubrac de Cournon d’Auvergne, où il enseigne à des élèves de CP et de CE1.

Monsieur Cinéma

C’est là qu’en 2002, il parvient à lier l’enseignement à une autre de ses passions : le cinéma. « C’est l’époque où les classes à Pac1 ont vu le jour. Il s’agissait de monter un projet et, grâce à des subventions, de faire venir un artiste dans la classe. » Plutôt qu’un acteur, Jérôme Gaillard décide d’inviter une association, celle qui organise le festival du court métrage de Clermont-Ferrand, le plus important d’Europe. Avec son soutien, il parvient à faire réaliser par ses élèves un film d’animation, Le petit chat violet. « Le projet s’est étendu sur toute l’année. Les enfants ont étudié les jeux optiques, puis fabriqué leurs outils. Nous sommes allés au cinéma pour des exercices d’analyse d’image, ils ont pu travailler sur la photo, écrire une histoire, la transformer en scénario, réaliser un story-board et mener à bien toutes les étapes jusqu’à la fin du tournage : animer les personnages, déclencher les caméras, enregistrer leurs voix pour le doublage… ». C’est encore sa cinéphilie qui, l’année suivante, incite Jérôme Gaillard à quitter Cournon pour l’Emala. « J’étais resté sur une idée dont j’ai constaté ensuite qu’elle était en partie fausse : dans mon esprit, l’Emala travaillait beaucoup dans le domaine de l’image et du cinéma2. Lorsqu’un poste s’est libéré, j’ai fait acte de candidature. »

Son bureau dans une voiture

Une fois recruté, il découvre une réalité un peu différente. « Dans le Puy-de-Dôme, nous menons deux missions complémentaires. D’une part, nous apportons la documentation du CRDP3 aux écoles qui en font la demande. D’autre part, nous accompagnons les projets pédagogiques articulés autour des technologies de l’information et de la communication. J’aide donc les enseignants à mettre en place des activités qui familiarisent les élèves avec l’ordinateur. J’interviens notamment beaucoup dans la préparation des Brevets informatique et Internet (BII), décernés à la sortie de l’école élémentaire et du collège. J’aide donc les enseignants à mettre en place des activités qui familiarisent les élèves avec l’ordinateur. J’interviens notamment beaucoup dans la préparation des Brevets informatique et Internet (BII), décernés à la sortie de l’école élémentaire et du collège. »
Avec soixante-cinq écoles et neuf collèges dans son secteur géographique, Jérôme Gaillard ne manque pas d’activité. Même si toutes les classes ne font pas appel à lui, il collabore en moyenne à une quinzaine de projets simultanément.
« A raison d’une demi-journée par semaine dans chacune d’elle, je travaille dans des classes toujours différentes et rencontre beaucoup de collègues. Je ne vis jamais deux semaines qui se ressemblent ». Cette variété, Jérôme Gaillard l’apprécie à sa juste valeur. Pourtant, après cinq ans passés dans « une voiture transformée en bureau », il commence à s’interroger sur la suite à donner à sa carrière. 2008 pourrait bien être l’année du retour à une vie plus sédentaire.

                                                                          Patrick Lallemant



1)Classes à projet artistique et culturel
2)L’activité des Emala varie selon les endroits. Outre leur rôle pédagogique, elles peuvent gérer des bibliothèques, animer des ateliers d’arts plastiques, participer à l’éducation musicale…
3) Centre régional de documentation pédagogique