Accompagnés de Ginette Kolinka et de Jules Fainzanz, déportés et témoins, 150 lycéens bas-normands, des établissements Jules Verne à Mondeville, Marcel Gambier à Lisieux, Paul Cornu à Lisieux, Charles-François Lebrun à Coutances, Littré à Avranches et Camille Corot à Saint-Lô, se sont rendus à Auschwitz. Organisé par le Mémorial de la Shoah, le Mémorial de Caen et le rectorat, ce voyage était une première en Basse-Normandie.

« C’est une prise de conscience historique et citoyenne inoubliable », explique Olivier Lalieu, du Mémorial de la Shoah, installé à Paris. « Depuis quatre ans, 10 000 jeunes accompagnés de leurs enseignants ont pu bénéficier de cette terrible leçon d’histoire », ajoute-t-il. Sur place, Ginette Kolinka raconte « ce qui ne peut pas se décrire, les mots sont pauvres ». « Je suis arrivée ici en avril 44 avec mon père Léon et mon petit frère Gilbert, 12 ans. Gazés dès leur arrivée au camp… Simone Veil était ma voisine de paillasse. Qu’elle était belle ! On dormait tête-bêche. Ses pieds frottaient mon visage. Comment vous parler de cette vie ? On était des bêtes. »

Autre témoin, Jules Fainzang, 85 ans. Ce qui le motive : « Les émouvants courriers que je reçois des jeunes après chaque visite. Je leur dis de se battre, d’aller voter. Hitler est arrivé par les urnes. » Professeur d’histoire au lycée Marcel Gambier à Lisieux, Frédéric Bailloeul explique : « C’est très, très fort de venir ici avec ses élèves. Je les trouve interloqués. Je suis surpris dans le bon sens de leur comportement. Le choc est terrible. Ils parlent peu. Nous avons beaucoup travaillé avant sur cette question, nous allons beaucoup travailler après. »

Source : Ouest-France