Tous les enseignants d’universités bientôt notés par leurs élèves ? En effet, le rapport Attali, rendu public le 23 janvier 2008, propose que les étudiants notent leurs professeurs. Valérie Pécresse a affirmé la semaine dernière qu’il fallait « aller vers l’évaluation des enseignements par les étudiants » et ne « pas la redouter ». « Je souhaite qu’elle se généralise » a-t-elle ainsi déclaré. La ministre de l’Enseignement supérieur évoque cependant un outil de pilotage et « non un outil de sanction ».

La notation des professeurs par les élèves est déjà mise en pratique dans certaines universités mais est loin d’être généralisée comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons. Ainsi, à l’université Victor-Segalen-Bordeaux-II, ces évaluations sont devenues routinières pour certains enseignements mais elles n’ont pas commencé pour d’autres. Les universités Paris-V et Paris-VI les ont instaurées, de même pour l’université de Marne-la-Vallée. À Paris-IV, la totalité des enseignements de l’université va être évaluée en plusieurs vagues successives.

Jean-Baptiste Prévost, président de l’Unef, est favorable à une évaluation « obligatoire » de l’enseignement. Toutefois, il estime qu' »elle ne doit pas être de la seule responsabilité des étudiants ». Pour la Fage, cette évaluation « constitue une nécessité » pour améliorer la qualité des formations. Enfin, certains présidents d’université sont sceptiques sur cette question. Henry Roussillon, président de Toulouse-I, « ne voit pas l’intérêt d’une telle évaluation dans le cadre de la fonction publique ». « Que fait-on des enseignants qui sont mal notés ? », s’interroge-t-il. Selon Michel Lussault, président de l’université de Tours, la principale difficulté réside dans les multiples craintes des enseignants.

Source : Le Figaro