« Le collège unique, il ne faut pas le nier, est vraiment en difficulté. Il est aujourd’hui le maillon faible de notre système éducatif », a déclaré Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l’Education nationale, lors du colloque de l’AFAE (Association française des administrateurs de l’Education) intitulé « Le collège unique a-t-il échoué ? », le 12 janvier 2008 à Paris. Pour Jean-Paul Delahaye, le socle commun constitue une « occasion historique » d’améliorer le collège unique : « L’enjeu est de faire que les disciplines, qui ont toujours leur légitimité, se mettent au service d’objectifs définis par le socle commun. Il faut sortir du patriotisme disciplinaire. »

Interrogé sur l’efficacité du collège unique en Europe, l’économiste Eric Maurin a évoqué pour sa part le cas de la Finlande et de la Suède où la réforme a été mise en place progressivement, région par région, permettant une comparaison dans le temps. Ainsi, « on observe que du point de vue des carrières sociales et salariales, les gens qui ont grandi avec le collège unique sont davantage performants sur le marché du travail ». Pour lui, les critiques contre le collège unique sont infondées.

« Nous sommes prisonniers du temps scolaire et du temps de service des enseignants », a avancé Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire. « Mais tout le monde continue de vouloir une grille horaire au quart d’heure près, alors que ça ne marche pas ! » Enfin, Anne Armand, inspectrice générale, a estimé que les freins étaient chez nous. « Le collège unique ne marchera pas tant que l’on ne reconnaîtra pas, y compris financièrement, que travailler en classe relais est aussi difficile qu’en prépa. »

Source : AEF