La violence dans les cours de récréation est un phénomène touchant toute la France. La Drôme n’y échappe pas, même si le département est loin d’être le plus concerné. Bernard Lelouch, Inspecteur d’académie de la Drôme, a organisé la semaine dernière une journée de sensibilisation sur le sujet. Selon lui, « il faut beaucoup de vigilance aux équipes pédagogiques pour repérer ces pratiques et les éviter ». Pour le Dr Thérèse Mossuz, conseiller technique auprès de l’I.A, « la violence scolaire est l’affaire de toute la communauté éducative, depuis la femme de ménage jusqu’à l’enseignant en passant par le personnel de cantine ». « Il s’agit de trouver des stratégies en amont », ajoute-t-elle.

Pourtant, les chefs d’établissements du département interrogés sur le sujet réfutent l’existence de jeux dangereux au sein de leurs établissements. Ainsi, le directeur d’une école installée dans un quartier dit sensible de Valence déclare : « Ca ne nous touche pas. La violence existe mais elle est surtout verbale ». Un autre directeur d’école explique que « la dernière blessure dans la cour de l’école était due à une bousculade involontaire ». Dans les lycées et les collèges, le constat est similaire… rien à signaler ou presque ! Ainsi, un syndicaliste avance : « On nous a signalé des pneus crevés sur des voitures d’enseignants mais on n’est même pas sûr que ce soit des élèves ». A en croire les personnels, la violence dans les cours de récréation est insignifiante.

Bizarre, surtout lorsque l’on interroge les acteurs eux-mêmes. Ainsi, deux collégiens âgés de 14 ans interrogés sur le sujet avouent pratiquer des jeux dits « dangereux ». Ils expliquent être adeptes du « petit pont baston ». « On s’envoie le ballon entre les jambes. Celui qui n’arrive pas à le garder est tapé par le groupe jusqu’à ce qu’il touche quelque chose, précise l’un des deux adolescents. C’est amusant ! On rigole bien… » Pour eux, se donner des coups de poings pour s’amuser est normal. « On ne fait rien de mal ». Toutefois, ils comprennent que ces jeux ne sont pas du goût de tout le monde, et en particulier des adultes.

Source : Le Dauphiné Libéré